Dossier

Agadir Oufella : Zoom sur l’Histoire et les enjeux de réhabilitation d’un haut lieu de mémoire

Haut lieu de mémoire, la citadelle d’Agadir Oufella est en dégradation constante et ses murailles tombent en ruine.

Des anthropologues, des architectes, des universitaires et des représentants de la société civile ont planché, à Agadir, sur l’histoire et la mémoire d’Agadir Oufella, ainsi que sur les enjeux de réhabilitation de ce site meurtri par l’histoire, suite au tremblement de terre survenu le 29 février 1960.

Une journée d’étude a été organisée, récemment à Agadir, autour de l’importance de la réhabilitation de la cité d’Agadir Oufella, site totalement détruit par le tremblement de terre du 29 février 1960, qui avait dévasté la ville faisant près de 15.000 morts. Plus d’un demi-siècle après, ce haut lieu de mémoire, site fascinant dominant l’océan Atlantique et la ville, est encore à l’abandon. La citadelle est en dégradation constante et ses murailles tombent en ruine.

Dans son intervention, le wali de la région de Souss-Massa, Ahmed Hajji, a rappelé que le patrimoine et la qualité du cadre de vie sont aujourd’hui des outils essentiels pour les responsables des villes et des territoires. «Facteurs d’identité pour les habitants, ils contribuent à leur intégration sociale et servent de levier pour le développement économique et environnemental», a-t-il dit, soulignant que pour Agadir, le contexte est celui d’une situation post-catastrophe qui pose un certain nombre d’enjeux de réhabilitation. Le premier consiste à respecter ceux qui reposent en paix après le tremblement de terre de 1960, sans pour autant empêcher les générations à venir de comprendre d’où elles viennent, a ajouté le wali.
L’atelier visait ainsi à replacer le site d’Agadir Oufella dans des problématiques patrimoniales récentes et, notamment, en intégrant l’archéologie. Articulée autour de trois tables rondes, la rencontre avait pour ambition d’aboutir à la création d’un comité scientifique qui devra présenter, dans ses grandes lignes, l’action envisagée, après mûre réflexion, pour le site d’Agadir Oufella.
La première table ronde a porté sur le thème «Agadir sur la route des empires : une cité au cœur de la grande Histoire», la seconde sur «La réhabilitation et les enjeux de la médiation culturelle post-catastrophe», alors que la troisième s’est focalisée sur le thème «Pour une médiation culturelle : de l’outil de diagnostic à l’intervention architecturale».
Autorités, élus, tissu associatif et chercheurs semblent privilégier aujourd’hui une vision globale. Le projet de valorisation entend intégrer différents axes relatifs à la vocation historique et culturelle de la Casbah, son architecture et son environnement, ainsi que sur la sécurité et la mise en valeur touristique. La préservation des restes des victimes ensevelies sous les décombres fait aussi partie des priorités.
Pour transcender l’ensemble des difficultés qui ont entravé, jusque-là, le travail de restauration et de réhabilitation, une convention avait été conclue entre différents partenaires, à savoir le ministère de l’Intérieur, le ministère de la Culture, la wilaya de la région de Souss-Massa, le Conseil régional et la commune urbaine d’Agadir. Elle implique aussi le forum «Izorane N’Agadir» (Racines d’Agadir), ainsi que l’Association des habitants originaires de la Casbah qui regroupe des rescapés et des ayants droit, tant Marocains qu’étrangers. L’objectif est d’arriver à valoriser ce patrimoine qui symbolise la mémoire collective et l’identité culturelle de toute une région.

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