Société

Verdict de 2018 : Taoufik Bouachrine condamné à 12 ans de prison

2018 a été marquée par la condamnation de Taoufik Bouachrine. Le verdict est tombé. après plusieurs audiences depuis son arrestation le 23 février, la chambre criminelle près la cour d’appel de Casablanca a finalement condamné, vendredi, Taoufik Bouachrine à 12 ans d’emprisonnement et à une amende de 200.000 dirhams.

Avant d’annoncer sa peine, le tribunal a laissé Bouachrine prendre la parole une dernière fois. Le directeur des sites d’actualité Alyaoum24.com et Soltana a alors assuré être “victime d’un procès politique à cause de sa plume”, selon les propos de son avocat, rapportés par l’AFP.

Bouachrine a également été condamné à des indemnisations pour certaines victimes allant de 100.000 à 500.000 dirhams. L’avocat de la partie civile, Mohamed Karout, a cependant déclaré à l’AFP que ces indemnisations n’étaient pas ”à la hauteur des préjudices”.

Le Comité de la vérité et de la Justice sur l’affaire Bouachrine a quant à lui organisé une manifestation devant le parlement contre la décision de la cour d’appel. Les manifestants ont dénoncé l’utilisation du pouvoir judiciaire pour régler des comptes politiques avec les personnes ayant des opinions différentes de celui des autorités ainsi que le manque de liberté d’expression dans la presse, selon Alyaoum24.

Le patron de presse a été accusé de traite d’êtres humains, d’exploitation d’une situation de vulnérabilité ou de besoin, de recours à l’abus d’autorité, de fonction ou de pouvoir à des fins d’exploitation sexuelle, de recours à d’autres formes de contrainte à l’encontre de deux personnes en réunion, attentat à la pudeur avec violence, et viol et tentative de viol dont les peines sont prévues dans les articles 448-1, 448-2, 448-3, 485, 486 et 114 du code pénal, rappelle la MAP.

Bouachrine a été poursuivi pour “harcèlement sexuel, recrutement d’individus en vue de la prostitution dont une femme enceinte, usage de moyens qui permettant de photographier, de filmer ou d’enregistrer ces actes dont les peines sont prévues dans les articles 498,499 et 503-1 du code pénal”. Une cinquantaine de “sex-tapes” qui montraient huit victimes avaient été retrouvées dans son bureau. De son côté, Bouachrine avait continué de nier l’authenticité de ces vidéos.

 

Plusieurs personnalités publiques ont réagi à la condamnation du journaliste Taoufik Bouachrine. Parmi elles

 

Noureddine Ayouch, publicitaire

 «Le verdict de l’affaire est très dur. Les preuves avancées devant le tribunal n’étaient pas convaincantes et claires. Ce verdict porte préjudice à la liberté de la presse et toutes formes d’opposition au Maroc.»

Nabil Benabdellah
Secrétaire général du PPS

 «Bouachrine exprimait des positions courageuses et enrichissantes pour le débat au Maroc, même si on est en désaccord avec lui. J’espère que ce procès connaîtra une autre issue.»

Mohammed Ziane, Avocat de Bouachrine

«Le verdict du tribunal est injuste parce que Bouachrine n’a jamais filmé ses ébats avec les plaignantes. Nous allons interjeter appel.»

 

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