Culture

Nostalgie La flamme du théâtre amateur !

Le projet de lois organiques de la langue Amazigh continue toujours à moisir aux tiroirs de la primauté. Il est parmi les plus rares à connaître le même sort de l’actuel mandat et son précédent. Depuis son officialisation dans le texte suprême, en 1911, l’Amazighité traîne un boulet de fer dont le «panarabisme» hostile à son épanouissement, avait cadenassé les forceps. On déplorera alors ce blocage chronique qui avorte tout un entrain autour de la langue et la culture Amazigh dont les premières flammes avaient pris naissance au coeur du mouvement Amazigh national, depuis déjà des décennies.

A cet égard, on se souviendra, comme si cela datait d’hier, la lutte acharnée que menaient sans relâche, des militantes et des militants de la cause Amazigh, dans nombre de régions du pays. Soutenus par une position claire dont faisaient preuve des voix politiques, à l’époque, notamment le PPS, en toute conviction non sans humilité, les activistes Amazigh multipliaient les formes et les formules de combat, avec témérité et transcendance. Ce n’était pas souvent évident, puisque les poches de résistance de «l’arabisme» sectaire opposait à ce droit légitime d’acerbes affronts.

A cet égard, on se souviendra, entre autres, du parcours de l’association de l’université d’été d’Agadir, au début des années 80. Une série de rencontres des fervents partisans de cette composante indissociable de l’identité nationale se donnait rendez-vous dans la capitale du Souss et débattait de la problématique qui secouait, dans le temps, les ardents défenseurs de l’amazighité, toutes tendances confondues. Des moments de haute intensité culturelle et politique qui drainaient une pléiade d’intellectuels, de juristes, d’érudits en matière des sciences humaines, d’artistes…Cette activité notoire qui exprimait de vive voix une profonde volonté de s’affirmer et qui se soldait par de pertinentes requêtes pour la reconnaissance légale, dans la sérénité, la concorde et la conscience collective, tissait une réelle plate-forme du passage du désir à la concrétisation.

C’était des moments historiques qui marquaient sensiblement l’itinéraire laborieux d’un droit auquel aspire toute une communauté intégrée et indivisible. Le slogan central de l’action payante de l’université d’été qu’est «l’union dans la diversité», avait cette capacité singulière de drainer les divers démocrates imbus d’acception et de tolérance, parmi toutes les franges de la société aussi bien amazighophone qu’arabophone.
Aujourd’hui, certes, cette belle mobilisation à laquelle s’attelaient les forces authentiques politiques, intellectuelles et associatives, a finalement abouti à l’officialisation de la langue Amazigh. La bataille est remportée sur les mentalités réductrices, mais pas la guerre, dit-on dans le langage martial. Beaucoup reste à faire pour gagner cette seconde manche. Il est vrai que l’université d’été et bien d’autres structures existent toujours, mais le ton a beaucoup baissé. Il va donc falloir s’inspirer de la belle époque d’antan et se ressaisir, peut-être sous d’autres fronts, pour faire pression sur les décideurs et les acculer à se pencher sérieusement sur la mise en œuvre des lois organiques et des moyens politiques, techniques et logistiques à leur vulgarisation au concret.

Saoudi El Amalki

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