Environnement

CIRCUIT DES LACS D’IFRANE UNE INVITATION AU DEPAYSEMENT ET A LA VILLEGIATURE AU MOYEN ATLAS

     S’évader, sortir de son cadre habituel, rompre avec les contraintes de la vie quotidienne sont des aspirations omniprésentes dans notre société d’aujourd’hui. Le temps libre et les loisirs sont devenus des droits acquis au prix de longues luttes sociales

L’image de l’évasion, imposée par les médias et accompagnée d’un certain culte du corps et de la santé, est si prenante qu’elle est ressentie comme un besoin psychologique ; au point de donner un nouveau sens au proverbe chinois qui disait : «Un jour de loisir, c’est un jour d’immortalité».
D’autre part, il importe de rappeler que si les voyages ont une tradition millénaire et que le tourisme date de la fin du 18ème siècle les vacances, elles, sont une création récente. Les congés payés accordés en 1936 ont permis à toute la population active en France par exemple d’accéder à une période de repos annuel.

                                                  

Cet espace de temps disponible est entré très vite dans les mœurs, au point de devenir une sorte de rituel de «fin d’année »(en référence à la fin de l’année scolaire que nous vivrons les semaines prochaines) et où tout le monde vit à l’heure des grands départs et des migrations saisonnières.
Les vacances évoquent souvent et chez beaucoup de gens parmi nous l’image des grands départs du mois d’août en général et dans une moindre mesure ceux du mois de juillet ou l’on observe un afflux particulier des vacanciers vers les plages et les villes du littoral ou vers la montagne et les villes et villages en haute et moyenne altitude tels la ville d’Ifrane dans le Moyen Atlas et le village d’Ourika dans le Haut Atlas par exemple.

Ainsi, si le littoral offre à des milliers de vacanciers la possibilité de se baigner et de bronzer sur le sable doré de ses belles plages, la montagne elle, leur permet de jouir de ses grands airs et de son air pur et de découvrir cette beauté céleste de ses paysages et ses vues panoramiques ou la diversité des sites l’emporte sur la multitude des couleurs.

Beau circuit de lacs : Pour rapprocher nos fidèles lecteurs (trices) de la montagne Marocaine et de ses richesses paysagères, ses potentialités hydriques et ses ressources piscicoles, nous les invitons à travers ce reportage à faire avec nous ce beau circuit des lacs dans la région du Moyen Atlas Central en général et dans la province d’Ifrane en particulier.

                                                

Bien que doté d’une position géographique favorable au Nord-Ouest de l’Afrique, le Maroc reste dans la majeure partie de son territoire, un pays à climat essentiellement semi-aride. A part la région nord-ouest et les sommets de l’Atlas, la pluviométrie reste faible, comparativement aux pays riverains du nord de la Méditerranée. Les précipitations totales sur l’ensemble du territoire sont évaluées en année moyenne à quelque chose comme 150 milliards de mètres cubes.
De même, de par sa structure géographique caractérisée par ses importants massifs et ses vastes plateaux qui reçoivent un enneigement hivernal et des pluies assez abondantes, le Moyen Atlas renferme un potentiel hydrique important constitué de nombreux cours d’eau, de rivières, de nombreux lacs et d’une grande retenue de barrage. Ce réseau hydrographique est habité par toute la gamme de poissons d’eau douce et d’eaux froides connues dans le pays.

Ainsi, la région du Moyen Atlas Central comporte Douze lacs naturels communément dits «Dayat» dont six Dayats dans la seule province d’Ifrane à connaître :D.Aoua, D.Ifer, D.Ifrah, Lac Ouiane, D.Afourgah et Afenourir. Les autres Dayats relèvent des provinces de Khenifra pour Aguelmam N’Sidi Ali, Tifounassine, D.N’Douite et lac Azigza et celle de Midelt pour Les Dayats de Tisli et Tislite dans la région d’Imilchil.

De même, et pour rester dans la province d’Ifrane, il y a lieu de relever que cette dernière compte neuf plans d’eau (ou lacs artificiels) qui n’ont rien à envier aux lacs naturels en matière de beauté et de richesse piscicole, ces plans d’eau sont les cinq Amghass, les deux Zerrouka, Ain Marsa, Sidi Mimoune et Hachlaf non loin d’Ifrane et sans oublier cet autre plan d’eau limitrophe à Ifrane et qui relève de la province d’El Hajeb à savoir le plan d’eau Aguemguem.

Pour plus de détails concernant ces sites touristiques magnifiques qui valent le détours en ces vacances d’été passées en pleine moyenne montagne dans la Province d’Ifrane, nous invitons nos fidèles lecteurs et lectrices à suivre le guide pour aller découvrir cet arrière beau paysage de la ville d’Ifrane et de sa province.

Au départ de la ville d’Ifrane dans la direction de la cité impériale de Fès en empruntant la R.N.8, on arrive d’abord au plan d’eau de Zerrouka 1 situé sur le bord droit de la route à près de 2 Km d’Ifrane. Dans ce plan d’eau de 2 hectares entouré de peupliers et alimenté par une source qui alimente aussi la ville d’Ifrane en eau potable, on peu trouver la truite arc-en-ciel comme on peu y trouver la rotengle et les écrevisses à pattes rouges interdites à la pêche.

Un peu plus loin et à moins de 10 km d’Ifrane, sur le bord gauche de la route cette fois-ci, une piste carrossable nous invite à découvrir à quelques mètres seulement de la route goudronnée :Ain Marsa, ce beau plan d’eau qui souffre malheureusement ces dernières années des effets de la sécheresse.

En continuant notre bonhomme de chemin vers la ville de Fès toujours, et à 19 km d’Ifrane, on arrive à la ligne de départ de notre beau circuit des Lacs naturels ou un panneau de signalisation nous invite d’ailleurs à quitter la RN 8 vers la droite pour emprunter une route communale afin de plonger, d’abord et malheureusement, dans le désarroi total causé par cette image de Dayat Aoua à 0,5 Km en bas ; le si beau lac de tous ;sans une seule goutte d’eau à cause de la sécheresse et des forages autorisés et non autorisés que connaît aussi bien la région que celle des plaines du Saiss du coté de Fès et celles de Mejjat du coté de Méknès. Pour mémoire, ce beau lac s’étale sur une superficie de 150 ha et offre un cadre idoine pour le pique-nique, la pratique de la planche à voile et pour la pratique des Pédalos et de la pêche sportive une fois l’eau abondante. De même, le site en question est doté d’un Chalet du Lac en abondant hélas et du Gîte du Lac pour l’hébergement touristique.

Après un tour et détour qui vaut le coup dans ce beau site qui nous reviendra à coup sûr avec ses belles parures d’antan In Chaa Allah, on quittera les lieux en traversant le pont vers l’est pour aller découvrir à quelques 09 Km d’ici environ cet autre plan d’eau de Sidi Mimoune situé sur le côté gauche de la route où il occupe une superficie de 07 ha entourée de peupliers et une richesse en poule d’eau et canards.

A moins de 10 km de Sidi Mimoune ;on arrive au point kilométrique (Sefrou 28 km), au branchement de notre route régionale qui mène vers Sefrou avec une route communale qui nous invite à l’emprunter pour aller découvrir un peu plus loin du croisement et à moins de 3 km vers notre gauche. Le fabuleux lac aux nénuphars bien encastré dans une chênaie au fond d’un cratère éteint au cœur du Moyen Atlas ; il s’agit de Dayet IFER. Comme l’indique bien son nom en Tamazighte, Dayet Ifer est bien une Daya bien cachée dans une foret de chêne au milieu des montagne et qui n’est accessible que par la piste qui se présente à notre gauche .Si on la rate, on rate le si beau panorama de Dayet Ifer. Située à une altitude de 1440 m d’altitude, Dayet Ifer occupe une superficie de 4 ha et présente une profondeur qui atteint 12 m. Pour les amateurs de la pêche sportive, Dayet Ifer peut leur offrir du brochet, la tanche, la perche et la rotengle.

Plus loin encore et à moins de 6 km d’Ifer nous arrivons aux bords du lac de Dayet IFRAH ce lac joyeux tout prés du village à qui il a emprunté le nom d’Ifrah et dont les habitants constituent une communauté exemplaire de par sa façon de vivre et de cohabiter ,une communauté qui n’a presque jamais eu à avoir à la justice moderne puisqu’elle résous ses litiges et ses problèmes elle même grâce à un comité des sages de la Jmaa qui tranche dans la majeure partie des litiges et problèmes.

Considérée comme étant le plus grand lac de la région puisqu’il occupe en temps normal une superficie de 120 ha (seulement 58 ha en juillet 2018), dayet Ifrah est située à 1613 m d’altitude et son Ichtyofaune présente une richesse en matière de brochet, perche, sandre et carpe commune.

En quittant ce beau site de Dayet Ifrah en empruntant la route communale flambant neuve, on rejoint facilement la ville d’Ifrane via le vaste champ de la Lavande, Dayt Hachlaf malheureusement à sec de nos jours et la vallée des Roches dite encore en Tamazighte : Tiyadrines, ces belles roches ruiniformes sculptées dans la région d’Afekfak par le temps et avec tout ce que sait faire le temps aussi bien par l’érosion éolien que par l’érosion hydrique.

Par ailleurs et toujours dans la région de la province d’Ifrane et précisément, au beau milieu du fabuleux circuit des cèdres reliant le DEFUNT CEDRE GOURAUD aux CASCADES CLASSEES de Ain Leuh via la cédraie de Sidi Mguil , Sheb et le si beau site d’Ajaabou, nous irons voir cet autre Daya classée SITE RAMSAR d’importance mondiale qui se présente à nous après qu’on ait fait quelques 2 Km de piste qui s’offrent à nous à droite du goudron. Ce beau lac, vous l’avez deviné, c’est bien le Lac d’Afennourire, ce carrefour incontournable du mouvement migratoire des oiseaux. La superficie de ce lac est de 180 ha et il est situé à une altitude de 1798 m, son Ichtyofaune se limite seulement au brochet et à la rotengle.

En continuant notre chemin et tout en laissant Ain Leuh et ses cascades classées à notre droite au premier croisement rencontré ;on peut aller à gauche via la belle Cédraie communément dite Kissarit , pour aller découvrir un peu plus loin le Lac ouiouane et sa belle prairie idoine pour le pique-nique et le camping sauvage au bord du lac d’une petite superficie de 17 ha et si riche en poisson du genre brochet, perche et rotengle relevant de la province de Khenifra, elle aussi assez riche en lacs et dayats.

ABOU ZOUHEIR

 

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