Environnement

Le Site d’Intérêt Biologique et écologique D’Oued Tizguite classé Site Ramsar Au Cœur du Val d’Ifrane

Le Site d’Intérêt Biologique et Ecologique (SIBE) d’Oued Tizguit relevant du Pachalik d’Ifrane dans la zone du Parc National vient être reconnu Site RAMSAR à l’échelon international le 22 mai 2019 dernier et ce, à l’occasion de la commémoration de la Journée Internationale de la Biodiversité par le HCEFLCD le 23 mai dernier à Rabat.

Un label mondial qui reconnait la richesse écologique est biologique de cette zone humide et dont bon nombre de nos concitoyens notamment et surtout ; les estivants et les autochtones résident la Zone du SIBE (Ifrane Zaouïa de Sidi Abdeslam et Adrhar entre autres…) ignorent et qui ne cesse de saccager et de détériorer consciemment ou inconsciemment cette richesse écologique et biologique du VAL D’IFRANE berceau du SIBE d’Oued Tizguite.

Sur le plan physique, Le cours d’eau, situé à une altitude variant entre 1500 et 1680 m présente une morphologie très originale avec souvent de nombreuses ramifications, des chutes, des sources latérales, des replats où l’écoulement est très lent, auxquels s’ajoutent actuellement de nombreux plans d’eau. Sa principale source de Tarmilate a fait l’objet d’un captage pour l’alimentation d’Ifrane en eau potable par l’ONEP; ce qui a fortement réduit son débit superficiel, au point où elle s’est asséchée pendant certaines années sèches.

La ripisylve, dense et haute, occupant toute la vallée, assure un ombrage et une certaine fraîcheur aux eaux. Et le fond du cours d’eau est constitué de matériaux fins, meubles ou consolidés travertineux, mais des galets peuvent se voir par endroit, alors que la végétation aquatique et subaquatique couvre plus de 50% du lit de l’oued.

Sur le plan floristique ; le SIBE d’Oued Tizguite encastré au cœur du Val d’Ifrane est probablement le site où existe la plus belle formation de frêne (Fraxinus angustifolia) du Maroc. C’est aussi l’un des cours d’eau marocains où la végétation est la plus variée; dans un relevé effectué, une trentaine d’espèces ont pu être récoltées, mais aucune d’elles n’a de valeur biogéographique; on ne peut toutefois prétendre que la liste obtenue est exhaustive : Agrostis stolonifera, Capsella bursa-pastoris, Centaurea sp., Chara sp., Cyperus longus, Epilobium parviflorum, Festuca sp., Eleocharis palustris, Hypericum caprifolium, Juncus maritimus, Medicago sp., Mantisalca salmantica, Mentha pulegium, Myriophyllum sp., Nasturtium officinale, Persicaria lapathifolia, Plantago sp., Populus alba, Populus nigra, Potamogeton sp., Ranumculus sp. (gpe aquatilis), Ribes uva-crispa, Rubus ulmifolius, Salix alba, Scirpus holoschoenus, Sorbus torminalis, Trifolium parviflorum, Trifolium sp., Typha angustifolia, Verbena officinalis, Veronica anagallis-aquatica.

Aussi ; sur le plan faunistique et vu la diversité des habitats aquatiques, les peuplements d’invertébrés furent très variés (probablement la meilleure diversité dans les cours d’eau du Moyen Atlas) avant les aménagements qu’a subis la vallée, avec au moins 70 espèces d’après des prospections fragmentaires. Plusieurs espèces sont endémiques marocaines (tels que les Trichoptères Agapetus dolichopterus et A. dakkii) ou rares dans le Moyen Atlas (Schizopelex festiva, Setodes argentipunctellus, Protonemura talboti, P. algirica…). Cette faune a été en grande partie détruite en conséquence des actions humaines (surtout la transformation des biotopes); mais les quelques zones encore en eau donnent un certain espoir de récupération de cette diversité.

De même ; plusieurs espèces de Vertébrés rares ou localisées au Maroc ont été signalées dans ce cours d’eau : la Loutre, la Truite fario, le Goujon, l’écrevisse à pattes rouges, la Cistude, le Natrix natrix, en plus du Crapaud commun, du Cincle et de la Bergeronnette des ruisseaux.

Quand au plan d’eau artificiel d’Ifrane, lac d’aguelmam au centre ville d’Ifrane ; il a permis l’installation (en nicheurs) du Foulque à crête et du Grèbe castagneux, ainsi que d’une colonie de Héron garde-boeuf (environ 1000 individus). Soumis à un dérangement permanent, il abrite en hivernage moins de 200 oiseaux, surtout du colvert et quelques dizaines de souchets et de foulques (macroule et à crête), en plus de quelques chipeaux et morillons, pour ne citer que les espèces intéressantes.

Enfin, comme écosystèmes et milieux, il s’agit là d’un cours d’eau du SIBE d’Oued frais de zone forestière de montagne avec sources fraîches, cascades, ripisylve, plans d’eau artificiels d’une biodiversité élevée.

Ce label est un appel à continuer à mettre en application tous les enseignements et plans de gestion pour la préservation de la biodiversité des sites à fort intérêt biologique, jalonnés par les différentes conventions et plans directeurs notamment le Plan d’Amménagement et de Gestion du Val d’Ifrane présenté à SM Le Roi Mohammed VI au mois de janvier 2007. Le but étant de répondre aux besoins de cette zone  humide  aussi riche que fragile pour maintenir sa viabilité et préserver sa fonctionnalité.

Un Appel aussi pour prendre toutes les mesures nécessaires pour la conservation et la réhabilitation éco-systémiques et à préparer des plans de communication et de sensibilisation du grand public par le biais de l’éducation à l’environnement et un écotourisme vert durable qui respecte le site. Sans oublier la sensibilisation de la population locale à l’intérêt du site et l’importance de l’usage rationnel de ses richesses pour maintenir sa viabilité.

Ce site enrichit donc le nombre de sites Ramsar au niveau du parc national d’Ifrane qui compte de nos jour quatre site Ramsar à savoir : Lac Afenourir, lac tiffounassine, Oued Tizguite et aussi, le complexe Imouzzer Kander comprenant Dayt Aoua, Aayet Hachlaf et Dayt Ifrah déclaré lui aussi Site Ramsar en cette année 2019 (Nous y reviendrons)

Mohammed Drihem

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