Économie

Fès -Tourisme : La gouvernance en tourisme, beaucoup d’annonces et peu d’effets pratiques, selon le professionnel du tourisme , Hafid Ouchchak

Les efforts déployés par les responsables marocains du tourisme « ne sont pas toujours couronnés de succès et la mise à jour du modèle de gouvernance comme celle des instances s’avère de plus en plus difficile », selon  Hafid Ouchchak, professionnel du tourisme, ex-député et ex-responsable du tourisme dans plusieurs régions du Maroc.
Dans sa thèse de doctorat : « Le secteur touristique  au Maroc : réalités  et contraintes  du développement » qu’il a soutenue avec succès à l’université Sidi Mohammed Benabdellah de Fès, Hafid Ouchchak assure que le tourisme au Maroc ne bénéficie pas de l’encadrement et de l’organisation adéquats en dépit des programmes prioritaires qui ont été expérimentés et les « stratégies innovantes » ou « nouvelles visions » qui ont été élaborées durant plus d’une décennie.
L’ex-délégué régional de tourisme à Oujda, Tétouan, Essaouira,  Fès  et Al Hoceima  a relevé que « des  imperfections sont persistantes au niveau de la gouvernance du secteur et les entités représentatives ne sont pas au point aux échelons régional ou local » estimant que « beaucoup d’activités ou de branches d’activité touristique attendent des réformes ».
Il a rappelé que depuis le premier gouvernement après l’indépendance du Maroc, 38 ministres se sont succédé à la tête du département du Tourisme, signalant que « c’est un record par rapport à la cadence des changements des autres départements  ministériels  ».
Et de remarquer que le portefeuille du ministère du tourisme change de main tous les 18 mois sachant que certains responsables n’ont passé que quelques mois à la tête du ministère , tels Mohammed Laghzaoui  qui a battu le record de la plus courte durée en 1965 avec seulement 3 mois d’exercice ou  Abderrahman El kohen (7mois), Abdellah Kadiri (8 mois), Abdelkamel Raghay (9 mois), Driss Benhima (8 mois).
Le département du tourisme a été, pour la plupart des cas, « noyé » dans des départements comme le transport, la marine marchande, l’énergie et les mines. ’’Un cocktail’’ d’une incroyable incohérence doublé, parfois,  d’un manque d’expériences et de compétences en matière de tourisme, a-t-il indiqué.

Hafid Ouchchak , a affirmé que « rares sont aussi les ministres  qui ont été désignés  sur des critères  de compétences  ou de d’expériences  réussies dans leurs domaines respectifs ». Chaque    ministre, une fois sur place, a aussi tendance à «  changer complètement les directeurs  en fonction à l’ONMT (Office National Marocain du Tourisme)  et au ministère » et à faire fi des  plans , programmes , projets et visions de ses prédécesseurs. « Chaque ministre cherche à « faire cavalier seul sans y faire participer les professionnels du tourisme », comme lors  de l’élaboration, la définition et  présentation de la « Vision 2020 ».
Hafid Ouchchak , ex-chargé  de la délégation du tourisme d’Agadir et qui a exercé  aussi aux départements  du patrimoine et de la promotion de l’ONMT, a ajouté que « les attributions de chaque direction de l’administration du tourisme dénotent d’un cloisonnement net ou transparent entre les différentes structures du département. En plus, chaque direction mène comme elle peut les projets qui relèvent de son domaine, dans la méconnaissance de ce qui se passe ailleurs et en l’absence d’un système d’information qui intègre toute l’activité du ministère ».
Les postes de responsabilité, notamment ceux décrits par les organigrammes, sont rarement pourvus suivant la règle classique qui dit « l’homme qu’il faut à la place qu’il faut » et les conditions de qualification, de compétence et de mérite ne sont pas toujours prouvées, a-t-il assuré soulignant que « le secteur du tourisme a constamment souffert de l’instabilité des responsables, des organismes qui se créent à volonté et disparaissent, de l’incompétence des ministres, des directeurs et autres attributaires et au manque flagrant d’expérience et d’expertise  ».
Les gestionnaires du secteur du tourisme au Maroc ne sont pas arrivés, indique-t-il, à mettre en œuvre un modèle de gouvernance efficace et dynamique capable de donner, à chaque branche et à chaque profession de l’activité touristique,  l’organisation et l’encadrement convenables.
Hafid Ouchchak estime que « les spécificités du secteur du Tourisme exigent une gouvernance propre avec une méthodologie comportant l’information, la transparence, la concentration, l’adhésion et la participation d’un grand nombre de services publics et privés aux échelons national, régional et local ».

Kaddour  Fattoumi

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