Culture

« OU ES-TU ? QUE DEVIENS-TU » : UNE NOUVELLE CHANSON QUI FAIT UN TABAC DE SOUMEYA ABDELAZIZ

      Psychologue clinicienne de formation, auteur-compositeur bilingue et scénariste par passion ; Soumeya Abdelaziz qui a travaillé prés de 15 ans auprès des jeunes en situation précaire, dans les Centres de Protection de l’Enfance du Ministère de la Jeunesse et des Sports, département où elle a occupé de poste de Directrice d’une maison de Jeunes à Marrakech ; est une artiste pluridisciplinaire, auteur-mélodiste-interprète bilingue (français et arabe) et réalisatrice-scénariste, auteure de deux séries télévisées (« Abderraouf et la Retraite » pour 2M et « Daret Lyam » pour Médi1 TV) ainsi que de nombreuses chansons et vidéo-clips militants : Lutte contre le sida chez les jeunes, exploitation des petites bonnes au Maroc, émigration clandestine…

Soumeya Abdelaziz est auteur-compositeur-interprète aussi de l’opérette et clip intitulé « Jil Zine » pour la lutte contre la prise de stupéfiants chez les jeunes, en soutien à l’Association Jil Zine qui milite dans ce sens comme elle est aussi ; auteur du livre « Les Saisons Infidèles » publié aux Editions Kalimate.

Pour faire rapprocher un peu plus nos fideles lecteurs et lectrices de cette Parolière, compositeur et chanteuse, considérée comme étant l’une des meilleurs artistes de la scène arabe actuelle ; nous avons contacté la Diva Soumeya Abdelaziz qui séduit son public par ses chansons engagées pour la plupart  et sa présence remarquable qui a bien voulu nous accorder cette interview.

Question : Artiste pluridisciplinaire, vous êtes scénariste, auteur-mélodiste et interprète. Quel est le côté le plus proche à votre cœur ?

Réponse : L’interprète bien sûr… musicalement d’ailleurs j’ai commencé par chanter d’abord, puis je suis venue par la suite à l’écriture de mes propres chansons, en français et en darija,  puis enfin  à la composition musicale… Ceci étant, je suis aussi  artiste-peintre…

Question : Vos compositions chantées par vous-même connaissent un grand succès auprès des artistes et du public. Quels sont les secrets de cette réussite?

Réponse : J’essayer d’écrire et de composer des chansons sur des sujets d’actualité et des problèmes sociaux lesquels  touchent les gens de prés … comme par exemple le vidéo clip  «Jil Zine » sur la lutte de prise de stupéfiants chez les jeunes ou celui intitulé « Aouicha », sur  l’exploitation des petites bonnes…

Question : Quel est le répertoire chanté par Soumeya Abdelaziz?

 Réponse : Je suis plutôt polyvalente…En arabe, je chante aussi bien le répertoire  classique (Oum Kelsoum, Abdelwahab, Ahmed al Bedaoui, Ben Abdeslam…) que  de la variété  arabe,  dont mon propre répertoire. Il m’arrive même de chanter du malhoune ou du chgouri, à savoir la chanson juive marocaine… En français je chante la chanson française dite du répertoire (Brel, Piaf, Aznavour, Barbara…) et mes propres titres… Il m’arrive, exceptionnellement néanmoins, de chanter en anglais  ou même en espagnol.

Question : Au sujet de votre dernière chanson: « Où es tu? Que deviens-tu? », dont les arrangements musicaux sont de l’artiste Mohcine imgharn justement. La femme pour qui vous l’avez chantez est-elle réelle (Un cas parmi vos patientes en tant que psychologue par exemple) ou imaginaire?

 Réponse : Du tout ; je ne l’ai pas écrite en m’inspirant de la vie d’une femme spécifique mais en m’inspirant de la vie de nombreuses femmes qui vivent ce drame épouvantable de l’abandon par leur compagnon pour une femme plus jeune et ce, au bout de plusieurs années de vie conjugale et un amour qu’elle croyait indéfectible …

Question: Peut-on la comparer à la femme chantée par Claude François sans sa chanson « Qu’est-ce que tu deviens? »

Réponse : Non, elles ne sont absolument pas comparables… Les titres se ressemblent certes, mais celle de Claude François parle de retrouvailles entre deux anciens amoureux qui se sont perdus de vue pendant plusieurs années… et la mienne parle de la trahison amoureuse et douloureuse d’un être cher, après une vie entière passée ensemble…

 Question : Quel regard portez-vous sur la chanson Marocaine actuelle ?

Réponse : Un regard à vrai dire mitigé…d’un côté il y a des talents vocaux magnifiques  et de jeunes compositeurs qui innovent  et qui commencent à comprendre  qu’il faut puiser dans la richesse fabuleuse de nos musiques et rythmes traditionnels, comme nous avons de jeunes réalisateurs aussi qui produisent de beaux vidéo-clips…  et de l’autre une réelle faiblesse dans les paroles et les sujets traités de  la  chanson marocaine actuelle de variété… (le tarab étant hélas tombé en désuétude)… Ce qui ne signifie pas que nous manquons de poètes, loin s’en faut, mais j’ai l’impression que ces derniers et  les compositeurs  n’arrivent pas à se rencontrer… Par ailleurs il y a un très gros problème pour les artistes qui doivent, souvent avec de petits moyens, se produire eux-mêmes, faute de producteurs …lesquels se comptent sur les doigts de la main au Maroc. Alors forcément, la qualité de notre production nationale s’en ressent. Nos entrepreneurs sont encore frileux quand il s’agit d’investir dans  l’industrie  du disque, sachant pourtant qu’un seul tube peut rapporter une fortune si nous parvenons à l’exporter et que l’industrie musicale peut être une grande manne financière pour notre pays et génératrice d’emplois pour nos jeunes…

Question : La musique marocaine arabe est à la mode de nos jours, elle est reprise par de nombreux artistes arabes. En tant que compositeur, pensez-vous qu’elle serait reprise  aussi par les artistes francophones et anglophone comme vous le faite vous-même pour vos propre chansons que vous chantez si bien en arabe et traduites par vous-même en français?

Réponse : Tout à fait ! et pas que la chanson arabe marocaine, même celle amazigh ! Pour preuve la chanson  « Lili Touil » de Younes Megri qui a été reprise par les Boney M, il y a plus de 30 ans déjà et plus prés de nous « Inas Inas du regretté Rouicha », reprise notamment   par  l’Egyptien Hamza Namira. Deux superbes chansons lesquelles n’ont rien à envier aux tubes planétaires…

Question : Est-ce que vous vous sentez mieux quand vous chantez pour vous ou pour d’autres compositeurs?

 Réponse : Les deux ! Surtout quand il s’agit d’un compositeur comme le maestro Ahmed Al Bedaoui, pour qui j’ai repris la magnifique chanson Al Farha Al Koubra, (interprétée auparavant par la grande chanteuse et actrice égyptienne Houda Sultane) ou le grand compositeur et virtuose du luth Azzedine Montasser,  qui m’a composée la fameuse chanson  « Radane ».

Question : Quelles sont vos nouveautés ?

Réponse : Hormis ma chanson « Ou es tu ? Que deviens-tu ? et sa version arabe « Fine ddatek fine? » J’ai enregistré récemment un titre satyrique, en français, qui s’intitule « Une chanson conne ». Une chanson  où j’ironise sur le fait que ce sont celles les plus médiocres qui trouvent la plus large audience auprès du public et que pour être regardées les chanteuses doivent de plus en plus  être sophistiquées et siliconées… Je prépare par ailleurs deux titres en français, que je viens d’écrire et que je pense, peut être, composer et interpréter sous forme de slam, afin de mieux mettre en exergue la force des textes, lesquels sont très engagés et axés sur la politique internationale actuelle…

Entretien réalisé par

                                                                                                                                                 Mohammed Drihem

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