Culture

LITTÉRATURE : Le livre et la lecture : Le maillon faible de la chaîne Culturelle au Maroc

Samedi 26 octobre dernier ; le centre culturel de Moulay Driss Zarhoun a été au rendez-vous avec l’organisation d’une rencontre littéraire autour de la thématique de : « l’écriture au féminin : quelles retombées sur la scène culturelle marocaine? : La ligue des écrivaines du Maroc (LEM) comme imminent exemple » et ce, avec la participation des enseignantes et poétesses Lalla Selimani Gherras ; membre du comité des sages de la ligue des écrivaines du Maroc et Chama Ami ; membre de la section Meknès de la LEM et dont les débats ont été animés par les deux hommes de lettre Hassan Imami et Abdellah Faraji.

A l’occasion de la tenue de cette rencontre fructueuse et assez riche en renseignements, nous avons contacté Pr Amal Barrada écrivaine et poétesse, présidente de la Section d’Ifrane de la LEM présente à cette rencontre qui a bien voulu nous livrer ses impressions relatives à la lecture au Maroc en générale et à l’écriture au féminin à la lumière de son expérience au sein de la Ligue des écrivaines au Maroc dans cette interview.

A souligner que notre interviewée ; Amal Berrada, native de Fès est Psychologue, professeur auprès de l’ISTH et l’ITHT de Fès, chercheur universitaire, Experte dans la formation des TEC, Ecrivaine et poétesse. Membre de l’UFE région Fès-Meknès, Présidente de le ligue des écrivaines du Maroc section d’Ifrane et vice-présidente de la LEM région Fès-Meknès.

À son actif deux recueils de poèmes « Ame Solitaire » et  « Eclats de rêves » un livre en arabe « La liberté volée » (الحرية المسلوبة)  et un conte de fées poétique tome 1 sous le thème : « La sauvegarde de l’environnement ».

L’INTERVIEW

Question : comment se porte le livre en général et les recueils de poésie en particulier au Maroc ? Est ce qu’on lit encore au Maroc?

Réponse : Le livre est le maillon faible de la chaîne culturelle au Maroc. Oui un triste constat qui se base sur les différentes statistiques réalisées et qui attestent que le marocain adulte lit  deux minutes/jour et l’enfant une minute/jour et que la dépense pour l’achat du livre par habitant est d’un dh /an seulement.

En effet la culture de la lecture est en compétition acharnée avec la télévision, les consoles de jeu et internet qui est à la source de l’émergence du livre numérique. Ajoutons à cela l’absence de stratégie gouvernementale incitative qui se manifeste par la faible présence de la lecture dans les programmes d’éducation nationale et le maintien à l’étude d’anciennes œuvres. En plus de la quasi absence de bibliothèques publiques et enfin le taux élevé d’analphabétisme.

Ceci étant dit ; les recueils de poésie encore plus que tous les genres littéraires ne trouvent pas d’attractivité auprès des lecteurs malgré leur propagande et la multiplicité des genres poétiques qui ont envahi la scène culturelle.

Ce qui nous met en face d’une autre raison de la défaillance de la lecture au Maroc qui n’est autre que la qualité des écrits qui revient à l’absentéisme de commission de lecture qui doit devancer, comme dans bien d’autres pays, l’édition de n’importe quelle création culturelle sans omettre la disparition de cet élan romantique chez le marocain brimé par le stress quotidien et l’angoisse du futur.

Question : A la lumière de l’expérience de la LEM et de la naissance de plus d’une section de celle-ci au Maroc et à l’étranger ; quel bilan faites vous de l’écriture au féminin dans notre pays ?

Réponse : la ligue des écrivaines du Maroc est le fruit d’une fusion de plumes féminines marocaines qui œuvrent à travers plusieurs sections implantées dans plusieurs villes du Maroc de Tanger à Lagouira à la réalisation du projet culturel imminent de la LEM dans le cadre de l’émergence d’une « Industrie culturelle » qui consiste à l’utilisation de la technologie en vue de la diffusion de la connaissance et le développement des compétences hormis sa commercialisation en privilégiant l’épanouissement de la créativité et le mérite de la reconnaissance à qui de droit.

Le bilan atteste à nos jours de la bonne structuration du projet de la LEM qui commence à donner ses fruits à bien d’égards : l’augmentation du nombre d’adhérentes aussi bien à l’intérieur du Maroc que dans plusieurs pays à travers le monde, les multiples découvertes de dons féminins dans toutes les disciplines aussi bien littéraires qu’artistiques.

Question : Qu’en est-il de votre propre expérience à la tête de la section LEM d’Ifrane et quel bilan faite vous de cette expérience ?

Réponse : En ce qui concerne mon expérience en tant que présidente de la ligue des écrivaines du Maroc – section d’Ifrane – ; J’atteste que ce fût une expérience fort enrichissante dans la mesure où elle m’a permis d’approcher une jeunesse Ifranienne assoiffée de savoir et submergée de créativité et d’intelligence émotionnelle dans les multiples facettes de l’art. Sans oublier cette population locale accueillante et engagée dans la promotion de la culture au sein de la province.

J’en déduis que la perle de l’Atlas Ifrane de par sa belle nature et son air purifiant ainsi que l’imprégnation de ses autorités locales dans la roue culturelle, regorge de potentialités infantiles culturelles qui méritent bien d’attention et d’encouragement.

Ce qui nous a poussé dans cette section d’Ifrane à poursuive une stratégie qui est celle de « l’approche par habiletés créatives » qu’on concrétise à travers l’organisation de divers ateliers auprès des différentes écoles de la province.

Question : Que pensez vous de la tente Art et culture d.Ifrane et de ses répercussions sur les jeunes plumes en herbe à Ifrane ?

Réponse : La tente internationale « Art et culture d’Ifrane » dans sa deuxième édition a fait un grand écho au sein de la scène culturelle de la province et ailleurs par la concrétisation de la stratégie promise de par la diversité des activités qu’elle présente : Des conférences aux ateliers de lecture et d’écriture, des expositions livres, de peinture et de produits d’artisanat et de terroir de la région et de théâtre que d’activités artistiques des jeunes de la province ainsi que les séances dédicaces.

La participation de plusieurs acteurs culturels aussi bien de la LEM que de la société civile  ainsi que l’engagement des membres de la section que je salue chacune par son nom a permis l’épanouissement et la motivation sollicitée pour la réussite de cette noble action.

Notre stratégie d’approche par habiletés créatives menée à travers les différents ateliers au cours de l’année à permis lors de la première édition de la tente de cueillir le premier fruit de nos efforts qui est celui de l’édition par la section du premier recueil collectif intitulé « Essai poétique de la jeunesse d’Ifrane » et qui a été dédicacé par les jeunes élèves de la province au sein du stand de la LEM lors de la précédente édition de la foire internationale de Casablanca.

Lors de cette deuxième édition de la tente ; notre projet d’édition d’un recueil de nouvelles arrive à sa finalisation inchallah et rassemblera encore une fois les essais des jeunes plumes en herbe de tous les âges issus de la province d’Ifrane uniquement.

 

Interview réalisée par

Mohammed Drihem

 

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