Culture

Fès-Culture: Parution d’un ouvrage sur le poète « Mohamed Serghini : Esthétique de la création poétique »

Un ouvrage  est paru récemment à Fès sur le grand poète marocain Mohammed Serghini ayant pour titre « Mohammed Serghini : Esthétique de la création poétique ».
Cet ouvrage de 216 pages avec un portrait en couverture dudit poète peint par l’artiste irakien Khaled Houcinem , est réalisé  par le professeur universitaire et écrivain  Driss El Ouaghich avec le précieux soutien de l’ex-délégué régional de la communication a Fès et  Laayoune, Abdessalam Zerouali et la contribution de plusieurs écrivains ,  enseignants , journalistes ou simples amis du poète Serghini , ex- doyen de la faculté des lettres et sciences humaines  « Dhar Al Mehraz » de Fès.
Edité par « l’imprimerie-papeterie-  Bilal » de Fès, cet ouvrage-document renferme  des « témoignages » édifiants sur la vie et l’œuvre de Mohammed Serghini , considéré comme l’un des fondateurs de la poésie moderne marocaine.
Driss El Ouaghich  a qualifié la  poésie  de Serghini comme  une « grande explosion linguistique », qui contraint « le lecteur à creuser profondément son cerveau pour » pour parvenir à comprendre  sa poésie jugée complexe. Serghini qualifie lui sa poésie de  « connaissance et pensée, avant d’être un art et une création ».
El Ouaghich souligne que le poète Serghini imagine «  son monde comme il désire qu’il soit, conformément aux visions du  philosophe et non la vision d’un poète » imbu « de spiritualisme,  d’amitié profonde  et d’universalité de l’être humain ».
Les témoignages que renferme l’ouvrage ont été unanimes à considérer  Mohammed Serghini comme un pionnier de la  poésie marocaine moderne et l’un des piliers de la littérature diverse et plurielle au regard des productions littéraires s’étalant sur une période de plus de 70 ans. Son premier poème est paru dans la revue « Al Aniss » en 1948 du siècle dernier.
Ces témoignages ont rappelé que Mohammed  (Nassim) Serghini ,  est un  poète érudit qui a fait ses premières classes à la célèbre université Al Karaouyine , avant de parfaire ses études  supérieures aux universités d’ Irak et de la Sorbonne à Paris  , accumulant ainsi une  riche formation académique,  des  connaissances multiples tout en s’inspirant des styles poétiques occidentaux et des courants philosophiques arabes dont notamment le philosophe Ibn Al Arabi.
Natif de Fès  en 1930 , Mohamed Serghini, qui a obtenu un  Doctorat d’Etat (1985), a publié plusieurs  recueils de poésie  dont «Wa Yakoun Ihraqou Asmaehi Alatiya»(1987),  «Bahhar Jabal Qaf» (1991) , «Al-Kaen Assibaey» (1991) ,  «Wajadtouka Fi hada Alarkhabil» (Je t’ai trouvé dans cet archipel), (1992  ), « «Qu’a-t-on fait à vos crânes ? » (1994), « Min Aala Kimami Al Ihtiyal » (2002) et de nombreux autres recueils et publications, dont  « la Chanson du train fantôme » en langue espagnole.
Mohamed Serghini, a obtenu le Prix international de poésie «Argana 2004» en reconnaissance aux efforts considérables fournis pour la modernisation de la poésie marocaine.
Polyglotte, il a  collaboré avec la poétesse espagnole Trina Mercader en publiant des articles et recueils dans la revue «Al Mouâtamid» éditée en langues arabe et espagnole et ce, de 1947 à 1956 à Larache puis à Tétouan.
Son élève et  poète Mohammed Ali Arrabbaoui  a affirmé que poésie de Mohammed Serghini est « dépourvue de toute trace de soufisme tant au niveau de la langue et du lexique qu’au niveau du symbole»  attestant que sa poésie est plutôt « une mosaïque  de cultures,  de philosophies  et d’arts » avec une présence manifeste de la culture marocaine, « offrant une lecture critique  de la réalité et évitant à ses écrits poétiques de sombrer dans les méandres de communiqués politiques ».
Kaddour Fattoumi

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