Régions

Drâa Tafilalet, à la merci des charognards 

Saoudi El Amalki
Ce qui est arrivé encore une fois, lors de la session du conseil régional de Drâa Tafilalet, ne rassure point la démocratie interne à laquelle aspire le Maroc d’aujourd’hui. Tout un chacun ayant un minimum de bon sens, aurait crié au scandale face à l’arrogance et l’obstination de la présidence.  C’est, en fait, du jamais vu dans les annales de la gestion des affaires publiques, depuis que la Nation s’est engagée résolument dans le processus démocratique, depuis 1976. Moins pire que cela, la région Guelmim Oued Noun avait été tout simplement dissoute par les services de la tutelle et carrément refaite en vue de mettre un terme à l’état dissonant dans lequel elle se produisait.
Qu’attend alors le département de l’intérieur pour arrêter la mascarade de la région Drâa Tafilalet ? Qui se permet de protéger, sans scrupule, une présidence qui s’acharne à bâtons rompus, contre les lois en vigueur et les intérêts légitimes de la région ? Depuis déjà bien longtemps, elle ne fait que cumuler les facéties de toutes sortes pour répandre la discorde au sein de sa majorité en dislocation, au point de se comporter en maître absolu dans un « enclos » qu’il ne parvient plus à contrôler. « Je suis président de moi-même et non du conseil régional! », s’écrie-t-elle, sans vergogne, à l’assistance fort désabusée. Une déclaration publique qui se passe de tout commentaire !
En effet, la présidence avait, voilà plus de trois ans, failli à ses obligations envers une région aux ressources énormes, mais nécessiteuse de grands coups de pouce afin d’en faire un réel gisement de prospérité pour la population du sud-est du pays. En proférant ces propos en pleine session, non seulement la présidence se paie la tête des conseillers, mais surtout elle inflige une cuisante insulte à cette institution constitutionnelle qu’elle méprise, de fond en comble ! Durant toutes ces années, elle n’a fait alors que « foudroyer » cette région, au point de la noyer dans la pénurie puisque, faut-il  bien le rappeler, elle n’avait débloqué qu’à peu près 12% du budget, en 2018, alors qu’elle n’en avait nullement dépensé le moindre sou, l’an suivant.
Comment se permet-on de laisser se passer  ces monstruosités sans oser piper mot quoique nombre  d’inspections avaient fait déborder les registres de rapports cinglants ? Lesquels rapports n’ont jamais été rendus publics par la présidence aussi bien au sein du bureau que de  la session, de crainte de révéler les déficits d’une gouvernance alarmante. Décidément, rien ne va dans une région frappée cruellement par l’insouciance et l’inertie de la présidence. Plus de trois ans de gâchis, c’est beaucoup, trop même dans un mandat chaotique, d’autant plus qu’aucune lueur d’éclaircie ne se pointe à l’horizon de plus d’une qui en reste, car rien ne semble en passe de se rectifier, au vu des sessions qui s’ouvrent et se ferment de sitôt, de la gestion au quotidien qui sent le roussi, de la conduite présidentielle qui relève de la caprice. A voir ainsi les choses se détériorer davantage, d’aucuns souhaitent l’intervention royale pour sauver cette région endolorie des griffes de ces  rapaces iniques !

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