Environnement

Coronavirus COVID-19 : la nature reprend temporairement ses droits mais souffrira du déconfinement

Depuis le 17 mars 2020, les Français sont confinés chez eux, laissant de nombreux animaux à l’abri de leur principal ennemi : l’Homme. Certains en profitent donc pour explorer de nouveaux territoires sous les yeux ébahis des habitants.

Il est 17h boulevard Richard-Lenoir dans le 11ème arrondissement de Paris, une canne marche sur le trottoir, à quelques mètres d’une joggeuse. A Bagnolet (93), on entend distinctement un merle noir chanter en raison de l’absence de nuisances sonores. Une excellente nouvelle pour cette espèce d’oiseaux qui est « en pleine période de reproduction », informe Frédéric Malher, ornithologue et délégué régional de la Ligue de Protection des Oiseaux (LPO) Ile-de-France.

Avec le confinement, les chants des oiseaux sont plus efficaces et la communication est bien établie, du coup « certaines espèces rares vont peut-être trouver plus facilement un partenaire », commente Frédéric Malher.

L’Homme : un lointain prédateur ?

Ces derniers jours, les animaux semblent investir des zones laissées vacantes par les humains. Cela s’explique par plusieurs raisons : « Déjà, nous sommes confinés, donc plus attentifs aux animaux qui sont présents en ville. De plus, la pollution sonore a considérablement diminué ; ce qui donne envie aux animaux de se déplacer. Nous savons que dès que l’homme relâche sa pression, les animaux reviennent », explique Rémi Luglia, président de la Société Nationale de Protection de la Nature (SNPN).

S’il est encore trop tôt pour mesurer efficacement l’évolution du comportement des animaux pendant cette période de pandémie, il est clair que ces derniers prennent leurs aises et pour cause : l’humain ne les traque plus. « En 1968, le castor d’Europe a été protégé. Il a donc retrouvé des comportements oubliés et s’est par exemple remis à construire des barrages », rappelle Rémi Luglia.

Le président de la SNPN se veut malgré tout lucide : « La présence d’animaux en ville et aux abords des villes peut être due à d’autres facteurs, comme la recherche de nourriture. D’autre part, ce ne sont pas de nouveaux animaux qui arrivent, mais des espèces déjà présentes sur les territoires qui sont plus visibles. »

Les animaux marins réinvestissent leurs milieux

Profitant du confinement italien mis en place dès le 9 mars, les eaux des célèbres canaux de Venise (Italie) ont perdu leur turbidité et ont été de nouveau investis par les poissons et les oiseaux aquatiques (fou de bassan, cygnes…).

Des dauphins se sont également aventurés dans le port sarde de Cagliari, pourtant l’un des plus grands ports maritimes italiens.

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