Maroc

Le confinement au Maroc : entre dé confinement et prolongement

Nul ne s’est jamais imaginé qu’un jour, il sera obligé de vivre emprisonné chez lui. Une mesure imposée par la pandémie Covid-19 et qui, pour son application par les gouvernements, s’est heurtée à une sorte de dédain, de refus voire une rigidité de la part de certaines personnes ayant pris à la légère le phénomène coronaviruslorsque, les circonstances l’obligent.

En effet, la déclaration de l’état d’urgence à partir du 20 mars de l’année en cours a conduit le gouvernement marocain à décréter un confinement obligatoire après la fermeture des frontières et la suspension progressive de plusieurs activités économiques, jugées non indispensables dans la conjoncture actuelle. Cette vie en confinement a été certes très dure à accepter au départ, surtout que les marocains sont habitués à cette sociabilité et à cette convivialité familiale, mais qui ont pu en quelques temps s’y adapter et s’y’engager pleinement.

Cette prise de conscience de la gravité du Covid-19 a commencé à se faire sentir au fur et à mesure que le nombre des contaminés suivit une courbe ascendante avec toutefois une régression au niveau des décès et une hausse des personnes guéries du virus. Force donc de s’arrêter devant les efforts et le sacrifice indéniables du corps médical dans son ensemble, public, privé et militaire que nous devons appuyer et remercier avec ferveur. A côté de cette armée de front, il y a aussi les autorités, toutes branches confondues, qui font un travail remarquable au niveau des points de contrôle et de sensibilisation un peu partout dans le pays.

Toutes ces mesures ont été prises et suivies de plus près par Sa Majesté le Roi Mohammed VI, que Dieu l’assiste, qui ne cesse de veiller sur le bien être de son peuple que ce soit dans les temps normaux ou ceux de crise. A cet effet, le fond de la lutte contre le Covid-19 a permis à une partie de la population de bénéficier d’une aide financière qui puisse l’aider à subvenir à ses besoins immédiats. A cela s’ajoute la production des masques, la fabrication d’appareils respiratoires marocains, l’extension des services sanitaires par l’ouverture de trois hôpitaux et autres initiatives dont les marocains doivent être fiers, comparés à des pays occidentaux qui n’ont pas pu cerner la crise.

De ce fait, on peut dire que malgré le fait que la pandémie Covid-19, soit une épreuve quoique dure à surmonter, va forcément donner lieu à une sorte de révision que ce soit au niveau des politiques gouvernementales ou au niveau individuel. En effet, les gouvernements sont invités dès aujourd’hui à réfléchir sur les modèles économiques qui auront pour objectifs la réduction des écarts entre classe, la prévision d’un budget spécial pour lutter contre les épidémies de tout genre, l’encouragement des compétences locales et de la recherche scientifique, de la créativité et finalement la réduction des budgets colossaux destinés à l’armement et à la recherche nucléaire. Ceci sur le plan local, tandis que sur le plan international, il est temps de trouver des vecteurs économiques pouvant rendre les assiettes fiscales plus souples et la coopération entre les pays plus fructueuse et plus équitable.

Quant au niveau individuel, une révision de notre comportement s’avère nécessaire tant au niveau de nos relations avec les autres, avec nos proches et finalement avec notre environnement naturel. On est enfin conscient du fait qu’on peut vivre avec un minimum sans toutefois se laisser faire par des produits de luxe et qu’un retour au bio n’est pas exclu de notre vie actuelle et future. C’est un constat et le confinement l’a bien démontré. A cet égard, on est en droit de se demander sur les changements des habitudes du post Corona.

C’est en général la leçon à tirer de la pandémie Covid-19 qui a aussi fait surgir une classe de protagonistes et d’opportunistes, ayant profité de cette crise mondiale pour créer la polémique, semer la panique, régler des comptes, critiquer pour le plaisir et finalement désorienter l’opinion publique par de fausses publications sur les réseaux sociaux et des vidéos sur le You tube.

Enfin, on sent que l’approche de la date « J » est sur les portes. Il reste une semaine de la date limite du confinement et on est en droit de se demander sur la décision du gouvernement. Y’aura-t-il un prolongement de la situation d’urgence ou on va procéder à un retour progressif de l’état normal ? Quelle est la situation actuelle de l’épidémie et quelles sont les prévisions du ministère de la santé publique pour les prochains jours ? Est-ce que le Maroc, avec les mesures drastiques entreprises, peut sortir très tôt de cette crise ?

In fine, on peut dire qu’après la tempête, le soleil va briller de nouveau. Pour cette raison, il est nécessaire de rester soi-même et de peser les choses en se focalisant sur le côté positif au lieu de ne considérer que le négatif. C’est certes un attrait de la nature humaine qui retient toujours le noir et tend à dramatiser les faits lorsque la réalité est tout autre.

Mohamed Laghouizi

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