Économie

Suspension de la dette des pays pauvres pour une durée d’un an par Le G20

Cette décision, qui tombe à pic avec la crise de la pandémie Covid-19, a été prise par les ministres des Finances et les banquiers centraux G20 qui se sont réunis mercredi 15 avril de l’année en cours. Ainsi, les pays les plus touchés vont bénéficier d’un échelonnement de leur dette jusqu’en 2021.

Une décision à laquelle ont réagi dans un communiqué commun Kristina Georgieva, la directrice générale Fonds monétaire international et David Malpass, Président de la Banque Mondiale, précisant que cette suspension va permettre de protéger si bien la vie que les moyens de subsistance de millions de personnes vulnérables à la crise.

Quant à Mohammed Al-Jadaan, ministre saoudien des finances, il a déclaré lors d’une conférence de presse à l’issue d’une réunion du G20 que la suspension du service de la dette ne va pas tarder à être mise en pratique et que le moratoire compte libérer 20 milliards de dollars de liquidités qui seront utilisées pour combattre la pandémie dans les pays aux moyens limités et aux infrastructures faibles.

A souligner que les deux institutions de Washington ont décidé d’agir rapidement pour répondre à la demande du G20 et de soutenir cette action en travaillant étroitement avec les pays concernés et que Le FMI et la Banque mondiale défendaient cette idée depuis plusieurs semaines. A cet effet, le FMI a approuvé dès lundi un moratoire sur les remboursements de la dette pour 25 pays dont la plupart situés en Afrique.

La suspension provisoire du service de la dette des pays les plus pauvres par le G20 constitue un “acte de solidarité internationale de portée historique”, a estimé mercredi le ministre allemand des Finances, Olaf Scholz.

“Nous laissons ainsi aux pays concernés de grandes marges de manœuvres financières pour investir dans la protection sanitaire de leurs populations, immédiatement et sans examen chronophage au cas par cas”, a-t-il commenté, faisant état de 77 pays bénéficiaires.

Le ministre français de l’Économie, Bruno Le Maire, a lui aussi salué une “avancée historique”, évoquant un montant de “14 milliards de dollars de la part des créanciers bilatéraux publics, donnant à ces pays des marges de manœuvre pour rapidement répondre à la crise”.

Mardi, le G7 s’était dit favorable à une telle initiative, mais à condition de recevoir l’aval du G20. Les ministres et les Banques centrales des vingt plus riches économies du monde ont indiqué dans un communiqué s’être “mis d’accord sur une approche coordonnée avec un échéancier commun fournissant les principales caractéristiques de cette initiative (…) qui a également été approuvée par le Club de Paris”. Ils ont aussi exhorté les créanciers privés à participer à l’initiative.

A rappeler que Le Covid-19 a contaminé plus de deux millions de personnes dans le monde et ayant obligé Les gouvernements à confiner leur population, à fermer les commerces non essentiels et à réduire drastiquement le trafic aérien.

Enfin, selon les prévisions du FMI, le nouveau coronavirus causerait cette année une récession économique jamais connue depuis la Grande Dépression des années 30.  Le PIB mondial va se contracter de 3% et peut-être même davantage si la pandémie n’est pas arrêtée à la fin juin et si les mesures de confinement devaient se poursuivre au second semestre de cette année.

Ce “Grand Confinement” (“Great Lockdown”) coûtera 9000 milliards de dollars à l’économie mondiale en 2020 et 2021, soit “davantage que les économies du Japon et de l’Allemagne combinées”, avait précisé l’économiste en chef de l’institution Gita Gopinath.

Dix-huit chefs d’État européens et africains avaient déjà appelé à un allègement de la dette ainsi qu’à un plan de relance d’environ 100 milliards de dollars pour le continent africain. “En ces temps exceptionnels, nous avons besoin d’actions exceptionnelles”, a martelé mercredi Kristalina Georgieva, au cours d’une conférence de presse virtuelle.

ML

Comment here