Économie

L’après-Covid-19 : quelles mesures de relance ?

La pandémie du Covid-19 est une dure épreuve pour l’économie mondiale en général et celle du Maroc en particulier surtout que ce dernier s’est engagé dans des projets structurants à savoir la régionalisation avancée et le nouveau modèle de développement économique et social pour lequel une commission spéciale a entamé ses travaux pour son élaboration moyennant de la date limite fixée par Sa Majesté le Roi Mohammed VI.

En effet, sous les directives royales, une commission devait être sélectionnée et présidée par Chakib Ben Moussa,  pour travailler sur le nouveau modèle de développement pour le Maroc. Dès le début de l’année, un agenda serré d’audition des acteurs sociaux, politiques et économiques était communiqué à la presse. Des premières rencontres ont eu lieu… et puis le coronavirus s’est invité dans l’actualité, obligeant Chakib Benmoussa à remanier son calendrier, et l’État à prendre des mesures exceptionnelles, la pandémie charriant son lot d’urgences et de questions.

Cette nouvelle situation a suscité l’intérêt de plusieurs observateurs et spécialistes de réfléchir sur l’après pandémie, prenant en considération la façon avec laquelle le Maroc a pu gérer la crise d’une part et l’impact de cette dernière tant au niveau sectoriel local, régional, continental et finalement international d’une autre part.

A cet égard, nous avons déjà fait le point avec Mr. Abdellatif Fekkak, Président de la Fédération Mondiale de la Diversité des Euro-Africains (FMDEA), qui nous avait fait part de sa lecture de la nouvelle carte économique mondiale, préconisant que dans l’avenir, on va assister à un bouleversement de la société par la parution de la société à risque et l’adieu en quelque sorte aux anciens régimes classiques qui sont caractérisés par la protection du mode du marché libre et de la concurrence pour un modèle à tendance universelle. Une nouvelle structure que beaucoup d’économistes envisagent compte tenu de la gravité de la situation actuelle et les stratégies attendues pour la relance économique à l’échelle de chaque pays et finalement à l’échelle de l’ordre mondial.

Au Maroc, deux événements sont donc attendus à savoir les élections législatives de 2021 et l’achèvement de collectes de données pour l’élaboration du nouveau modèle de développement économique et social ainsi que sa mise en œuvre. Une tâche qui ne serait pas facile vu les changements que la pandémie du Covid-19 va entrainer et qu’il va falloir intégrer dans les prochaines évaluations et prévisions liées à ce modèle en question. A cet effet, une première lecture des mesures entreprises par le gouvernement pour lutter contre la pandémie du Covid-19 nous permet de dégager les éléments suivants :

1-Sur le plan social : Une fierté patriotique des Marocaines et Marocains sur la manière avec laquelle la situation est gérée jusqu’à aujourd’hui. Un pourcentage non négligeable des citoyens marocains à un respect timoré du confinement, d’ailleurs à l’instar d’autres populations du monde. Les raisons en sont multiples : compréhension de la dangerosité, exiguïté des habitations, enfance dans la rue, métiers précaires, taille des familles…

2 -Sur le plan de la communication : un positionnement de la presse électronique arabophone et francophone plus citoyen que politique, et qui contribue amplement à l’éducation collective et à la prise de conscience de crise satisfaisante malgré l’existence de rumeurs sur les informations.

3-Sur le plan sanitaire : il est vrai que le système hospitalier au Maroc n’était pas prêt à faire face à de telle épidémie comme partout ailleurs, mais à cause de cette force majeure, il a pu développer sa capacité de résilience et mobiliser toutes ses structures et compétences pour s’adapter au mieux aux conséquences immédiates de la crise.

4-sur le plan de l’approvisionnement du marché local, le gouvernement a créé un comité de veille économique qui s’est penché sur le maintien des prix des produits de consommations toutes catégories confondues, luttant ainsi contre la spéculation et le risque d’une inflation voire d’une éventuelle pénurie de certains produits de base.

Le dernier élément concerne l’innovation et à ce titre, il faut saluer le travail remarquable de certaines unités industrielles qui se sont adaptées avec les exigences de la crise en se lançant dans la production des masques, des appareils respiratoires artificiels et finalement cette initiative rigoureuse de se lancer dans la recherche d’un vaccin contre le nouveau coronavirus par un équipe marocaine dirigée par le Professeur Tarik Daouda. Ceci dit, l’innovation est de plus en plus prisée dans cette lutte contre cet étranger nuisible et invisible.

Il est donc normal de penser au post –Corona, prenant en considération toutes ces mesures dans la relance économique et sociale ainsi que le déconfnement. A cet égard, Le gouvernement s’apprête à opérer un changement dans les priorités de ses dépenses, l’objectif étant de fournir les conditions de décollage pour la phase post-crise à travers le soutien des entreprises nationales et du produit national et le maintien de la valeur ajoutée localement.

Ainsi, le Comité de veille économique est invité à élaborer une méthodologie de réflexion proactive basée sur la définition de scénarios pouvant être mis en œuvre lors des deux prochaines étapes, a souligné, lundi le ministre de l’Economie et des Finances, lors d’une séance de questions orales au Parlement.

Ce qui donc veut dire que la première étape concernera le retour progressif des différents secteurs à l’exercice de leurs activités dans le cadre de la coordination avec la stratégie de levée de l’état d’urgence sanitaire, tandis que la deuxième étape porte sur la mise en œuvre des mécanismes appropriés et renouvelables qui permettront de mettre l’économie nationale sur la voie d’une croissance forte et durable, dans le monde d’après la crise du Covid-19.

ML

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