Économie

Covid-19 : scénarios et plan de déconfinement

Le chef du gouvernement marocain Mr. Saâd-Eddine El Othmani va exposer un plan de déconfinement le 18 mai aux deux chambres du Parlement, deux jours avant l’échéance de l’état d’urgence sanitaire en vigueur depuis le 20 mars, selon un communiqué du Parlement

Ce plan tant attendu prévoit donc un déconfinement progressif axé sur une relance des activités à partir du 20 mai, avec toutefois une prudence des responsables gouvernementaux à son égard.

En effet, avec une économie touchée de plein fouet par la crise, avec quelque 132.000 entreprises affectées (soit environ 60% du secteur structuré), plus de 800.000 salariés temporairement en arrêt de travail et au moins 4,3 millions de familles privées des revenus tirés du secteur informel ou d’emplois précaires, selon les chiffres du ministère de l’Economie, les mesures à prendre pour une relance de l’économie s’avère difficiles. C’est d’ailleurs ce qui a été bien précisé par le chef du gouvernement lors d’un entretien diffusé en direct par la SNRT marocaine le 7 mai de l’année en cours où il a déclaré : «  aucune personne au monde qui se respecte ne peut prétendre fournir une évaluation de l’impact de la crise du Covid-19. C’est impossible ! Nous savons que, jusqu’à maintenant, 61 % des entreprises sont à l’arrêt. Leurs activités étaient basées sur l’import/export qui connaît un ralentissement mondial, sur la restauration, le tourisme, les transports. Pour l’instant, nous n’avons aucune vision pour l’après-coronavirus, nous avons des scénarios que nous étudions. Nous travaillons avec les professionnels de chaque secteur pour penser à des solutions aux problématiques de demain. »

“Nous avons également soutenu des entreprises qui ont converti leur production pour répondre aux besoins du pays pendant cette pandémie. Nous avons mis en place un programme spécial pour leur permettre de faire la transition vers la production de masques.”

Durant cet entretien, le chef du gouvernement n’a pas manqué de revenir sur les différentes mesures prises par Sa majesté le Roi Mohammed VI, que dieu le glorifie, pour contrecarrer l’épidémie dont la fermeture des frontières à partir du 16 mars, la création d’un fond spécial pour la lutte contre le Covid -19, le confinement obligatoire et finalement le port des masques. Grâce donc à ces actions et aussi à la mobilisation de toutes les composantes de la société marocaine, le Maroc a pu comme il l’a bien souligné éviter la propagation du virus et aussi le décès de deux personnes par jour. A ce titre un vif remerciement a été adressé à tous ceux qui travaillent d’arrache pied pour assurer la sécurité des citoyens et dont l’extrait est le suivant : « J’aimerais remercier les citoyens, le personnel soignant, les agents de la sécurité nationale, les fonctionnaires qui travaillent d’arrache-pied, jour et nuit. Nous devons continuer à suivre la situation épidémiologique, nous devons garantir la disponibilité des denrées… Tout cela nécessite la mobilisation d’un grand nombre de personnes. Les fonctionnaires travaillent jour et nuit pour que les citoyens ne manquent de rien. Je tiens à les remercier du fond du cœur pour leur mobilisation. »

Certes, la gestion de la pandémie Covid-19 par le gouvernement marocain a été un exemple à prendre et avait joui d’un grand intérêt de la part de plusieurs gouvernements africains et européens étant donné le rôle géostratégique du Maroc d’une part et le mode de vie des marocains connu surtout par la convivialité et la sociabilité d’une autre part.

Toujours dans son entretien, le chef du gouvernement a mis l’accent sur les mesures du soutien à l’économie en soulignant  qu’en mars, 716.000 adhérents à la CNSS ont reçu des aides grâce au fonds spécial mis en place par Sa Majesté le roi Mohammed VI. Pour le mois d’avril, le ministre de l’Emploi a annoncé que 900.000 personnes étaient déclarées en arrêt de travail. Les ramédistes, les 4,7 millions de travailleurs du secteur privé et les travailleurs libéraux ont également bénéficié d’aides grâce au ciblage du Comité de veille économique.

Toutefois, un projet de loi concernant un registre social unifié est en cours d’étude par le parlement et qui sera publié sur le bulletin officiel dès son approbation.

Il est donc clair que le plan de déconfinement dépendra de l’ampleur des cas positifs au virus qui seront enregistrés d’ici le 20 mai, avec toutefois une analyse des différentes approches des conséquences de la pandémie sur les secteurs de l’économie, sachant bien que même en Europe, le déconfinement se fera sous de strictes mesures et que les frontières avec les autres pays seront toujours fermées jusqu’à nouvel ordre. Ce qui aura des conséquences sur le plan de relance pour les entreprises que ce soit au niveau de la production, des échanges commerciaux d’une part et finalement de la mobilité des individus d’une autre part étant donné la structure de l’économie marocaine dont le secteur touristique occupe une place importante si bien pour les emplois ou pour la rentrée des devises. A cela s’ajoute les transferts de la diaspora marocaine de l’étranger, qui à son tour est touchée par la pandémie dans les pays de résidence. Tous ces facteurs doivent être considérés si l’on veut établir un plan d’un retour progressif à la normale tout en restant inerte face à un rebond de la pandémie tant qu’aucun vaccin contre ce virus n’a vu le jour.

Mohamed Laghouizi

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