Environnement

JOURNÉE MONDIALE DE LA DIVERSITÉ BIOLOGIQUE L’ALENFI ORGANISE UNE VISIOCONFÉRENCE SOUS LE THÈME : « La gestion forestière, évolution et perspectives »  

En célébration de la Journée Internationale de la Diversité Biologique décrétée par l’Assemblée générale des Nations Unies pour le 22 mai en commémoration de l’anniversaire de l’adoption de la convention sur la diversité biologique (CBD) ratifiée jusqu’à présent par 196 états dont le Maroc ; l’Association des laréats de l’Ecole Nationale Forestière d’Ingénieur organise une visioconférence vendredi 22 mai 2020 sous le thème : « La gestion forestière, évolution et perspectives » et ce, avec la participation d’éminentes personnalités du monde forestiers et des experts dans le domaine.

L’objectif de cette visioconférence c’est d’approcher et de traiter l’évolution de la gestion forestière au Maroc ainsi que ses perspectives au vu du contexte actuel. Il est attendu de ce séminaire de :

1) Discuter de la place du secteur forestier sur le plan national ( est-il un secteur stratégique ? comment…,

2) Dresser un état des lieux de la gestion forestière au Maroc en mettant l’accent sur les contraintes qui l’entachent et les leviers d’action qui pourraient favoriser une gestion optimale des espaces forestiers,

3) Débattre de l’importance du Management stratégique et opérationnel des différents segments de la gestion forestière,

4)  Elucider des mécanismes de gouvernances convenables pour assurer l’adhésion des partie prenantes dans la gestion durables des forêts, et enfin ;

5) Explorer les approches, les techniques et les instruments innovants permettant à l’ingénieur forestier de répondre aux mutations et aux changements profonds qui touchent la société et son environnement.

A souligner au passage que les ressources forestières constituent un support essentiel et incontournable pour la vie humaine, elles sont à l’origine de la production de divers biens et services écosystémiques nécessaires, voire vitaux pour les populations. Elles remplissent de multiples fonctions capitales en termes d’atténuation des changements climatiques et d’adaptation à leurs effets, de régulation des approvisionnements en eau, de conservation de la biodiversité, de protection contre les catastrophes naturelles, de sécurité alimentaire et du maintien des moyens de subsistance.

Les terres émergées s’étalent à l’échelle planétaire sur près de 13 milliards d’hectares, dont 38% sont occupées par les terrains cultivés et de parcours, et 30% sont couvertes par les écosystèmes forestiers (FAO, 2015). Les forêts sont à l’origine de 1% environ du produit intérieur brut (PIB) mondial (Forest Use & Logging), et fournissent de la nourriture, des revenus, des emplois et un logement à 1,5 milliard de personnes, dont la moitié au moins sont des femmes (Gland, UICN, FAO, IIED et AgriCord, 2018).

Néanmoins, avec une exploitation croissante des ressources naturelles ainsi que l’exacerbation des risques naturels liés au changement climatique, l’évolution des modes de vie, particulièrement dans les régions vulnérables, les écosystèmes naturels et forestiers sont aujourd’hui au cœur des problématiques de développement. la dégradation des forêts suit présentement une cadence annuelle de près de 4 millions d’hectares (FAO), et figure parmi les défis environnementaux majeurs contemporains, puisque durant les trois dernières décennies 129 millions d’hectares de forêts primaires ont disparu à travers la planète.

Au Maroc, les forêts sont constituées de forêts naturelles de feuillus et de résineux, réparties entre les différents étages bioclimatiques, du semi-aride à l’humide, elles s’étendent sur une surface d’environ 09 Millions ha, dont plus de 3 millions d’hectares de nappes alfatières, soit 12,7% du territoire national. Elles sont riches en espèces d’arbustes et d’herbacées endémiques ayant des vertus médicinales et aromatiques. Elles constituent l’élément fondateur de la richesse écologique en abritant les deux tiers des plantes et un tiers des espèces animales.

La gestion du secteur forestier marocain a connu des évolutions importantes, aussi bien sur les plans de l’organisation institutionnelle et de gouvernance que sur le plan d’approches techniques adoptées, et ce depuis la création de l’Administration forestière en 1914 et après la domanialisation de la forêt avec l’avènement du protectorat. Ainsi, la gestion forestière est passée par plusieurs phases qui ont commencé par l’instauration d’un arsenal juridique de base pour la gestion des ressources naturelles par l’administration.

Entre 1975 et 1990 était une période d’évolution majeur qui avait comme objectif de faire participer les populations à l’économie nationale à travers le dahir de 1976 relatif à l’organisation de la participation des populations au développement de l’économie forestière

A partir de 1990 et juste après la déclaration de Rio (1992), plusieurs conventions et proposition d’actions ont vu le jour engageant ainsi le Maroc dans un processus participatif d’analyse, de réflexion et de débat pour la planification de la gestion et du développement durable des ressources forestières. En 1996, Un débat qui a été couronné par le colloque national sur les forêts qui a permis de dégager une vision concertée et commune du secteur, les orientations stratégiques des actions à conduire et les rôles et les responsabilités de chacun des acteurs institutionnels concernés au sein d’une action collective pour assurer la gestion durable des ressources forestières.

C’est dans ce cadre que le Département des Eaux et Forêts a élaboré, une série d’études stratégiques d’appui à la planification forestière à savoir : l’Inventaire Forestier National (février 1996), le plan Directeur de Reboisement (1997), le Plan National d’Aménagement des Bassins Versants (décembre 1996), l’Etude Nationale sur la Biodiversité (1995), et les études d’aménagement des forêts et parcours. Toutes ces études ont été synthétisées, complétées et mise en cohérence pour l’élaboration du Programme Forestier National (PFN) en 1998 qui a constitué à l’époque le cadre stratégique de développement durable du secteur forestier à l’horizon 2020.

Le lancement des plans décennaux 2005-2014 et 2015-2024 qui ont pris pour base les études et les instruments de planification susmentionnés (aménagement des bassins versants, reboisements, la lutte contre la désertification et aires protégées…), qui ont  pu être traduits en programmation opérationnelle en adoptant une approche territoriale et partenariale dans le cadre d’un processus d’une large concertation, et ce par leur déclinaison en programmes triennaux glissants dont la mise en œuvre est assurée de manière déconcentrée à travers des contrats programmes annuels régionalisés.

Le 13 février 2020, SA MAJESTE LE ROI MOHAMED VI que Dieu l’assiste, a lancé la nouvelle stratégie forestière « Forêts du Maroc 2020-2030 », qui constitue un tournant important dans la gestion forestière au Maroc. Cette stratégie est construite autour de quatre axes majeurs à savoir :

(i)     la création d’un nouveau modèle basé sur une approche participative,

(ii)    la gestion et le développement des espaces forestiers selon leur vocation,

(iii)   le développement et la modernisation des professions forestières,

(iv)   la réforme institutionnelle du secteur à travers la création de l’Agence des Eaux et Forêts et celle de la protection de la nature.

Une stratégie ambitieuse qui vise une plus grande compétitivité et durabilité du secteur forestier et une viabilité économique sociale et écologiques des politiques publiques en relation avec les forêts. Ce nouveau plan se propose, également, à travers un modèle de gestion inclusif et créateur de richesses de placer les populations usagères au cœur de la gestion des forêts. Il va sans dire que dans ces conditions, la réussite de ce chalenge doit être conçu et pensé dans l’optique d’une mobilisation des ressources et des compétences techniques et scientifiques sur la base d’une nouvelle approche visant l’implication mais, surtout d’appropriation de ce plan par les ressources humaines à tous les niveaux hiérarchiques du département.

Mohammed Drihem

 

 

 

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