Environnement

Les masques : un facteur dangereux de la pollution de l’environnement

Imposés par la nouvelle pandémie du coid-19, les masques sont un aujourd’hui plus qu’indispensables pour se protéger contre le virus, cependant, ces derniers représentent un grand danger pour notre environnement du fait de la durée de leur dégradation.

 En effet, la nouvelle crise a obligé les gouvernements à prendre des mesures drastiques pour contrecarrer l’épidémie dont le confinement. Cette situation un peu particulière est en voie de levée un peu partout pour redonner à la vie son cours habituel, d’ou le port du masque est une mesure préconisée pour limiter la pandémie et garantir ce retour tant attendu. A cet égard, la production des masques est devenue une priorité dont on distingue les masques FFP2 et les masques chirurgicaux, qui ne sont pas désormais dégradables, étant donné la matière dont ils sont fabriqués. C’est la raison pour laquelle, le fait de se débarrasser de son masque dans la rue constitue un grave danger pour notre environnement naturel d’une part et pour notre santé d’une autre part.

Fabriqués à base du polypropylène, un polymère qui s’apparente à du plastique, légitime sur le plan sanitaire, son usage engendre une pollution incontournable. Ainsi et selon Ludwik Leibler, membre de l’Académie des sciences et directeur de laboratoire au CNRS-ESPCI, Le polypropylène n’est pas biodégradable dans la nature, ni compostable. Il va se dégrader par l’action des UV, l’oxydation dans un processus qui peut prendre des dizaines voire des centaines d’années. Mais sans qu’au final il ne soit biodégradé.

Ceci dit, les masques ne sont pas biodégradables comme certains peuvent bien le penser. Leur résistance est semblable à celle du plastique qui a besoin de 450 ans pour être entièrement détruit.

Il est donc clair que l’on assiste au même phénomène causé que ce soit par le sac en plastique qui met tout une centaine d’années pour se dégrader qu’avec la dégradation du polypropylène de masse qui peut mettre environ 500 ans avant sa dégradation, explique Etienne Grau, enseignant-chercheur à l’université de Bordeaux. En comparaison, on estime qu’une canette en aluminium prend près de 100 ans à se dégrader dans la nature, quand un mégot de cigarette prend un à deux ans.

Devenu invisible pour les yeux après cette dégradation, la pollution au polypropylène est pourtant toujours là. “Le polypropylène est assez friable, ses molécules vont se couper en plus petites molécules qui ne pourront pas être assimilées par l’environnement et qui vont donc entraîner une pollution”, souligne-t-il.

Même avant dégradation, ces masques peuvent venir boucher “les canalisations d’eaux usées et [perturber] les systèmes d’assainissement”, tout comme les lingettes désinfectantes jetées dans les toilettes, avertit le Centre d’information sur l’eau (CIEau), émanation des entreprises du secteur.

Peut-on recycler Les masques?

Comme les objets conçus à partir de thermoplastique, le polypropylène des masques pourrait être dans une certaine mesure retransformé. “Recycler les masques en les fondant et en ajoutant par exemple du polypropylène vierge est envisageable, mais plutôt complexe”, détaille Ludwik Leibler. “Le problème, ajoute Etienne Grau, c’est que cela supposerait de séparer les éléments et les différentes couches à un niveau infime.”

Surtout, cela suggérerait d’organiser un ramassage spécifique comme pour les piles ou les batteries, avec évidemment des enjeux sanitaires: le nouveau coronavirus pouvant rester plusieurs jours sur la surface d’un masque.

Dans les hôpitaux, les masques utilisés font partie de la famille des déchets à risque, gérés par la DASRI et sont orientés vers des incinérateurs. Rien de tel en revanche dans le grand public, une situation qui expose de fait les personnes en charge du ramassage des ordures.

À cet égard, certaines municipalités ont demandé un renforcement des amendes. Une proposition de loi visant à passer l’amende de 68 à 3000 euros a également été déposée par le député LR des Alpes-Maritimes Eric Pauget.

Dans un spot vidéo, le ministère de la Transition écologique rappelle lui qu’un masque usagé, doit être jeté dans un sac poubelle dédié et fermé. Ce dernier devra être conservé pendant 24 heures avant d’être mis dans le bac à ordures ménagères.

Des masques bientôt réutilisables ?

Pour pallier ce problème de pollution, plusieurs scientifiques, industriels et médecins ont lancé un groupe de recherche qui vise à explorer les différents moyens de stériliser un masque après son utilisation.

Comme l’explique le professeur Philippe Cinquin au journal du CNRS, quelques résultats préliminaires s’avèrent prometteurs. “Concernant les masques chirurgicaux, nous avons montré qu’ils conservent leurs performances après un lavage jusqu’à 95 degrés. Nous avons également de très bons résultats avec l’autoclave et les rayons gamma. (…) Sur les masques FFP2, les premiers résultats obtenus par l’agence Apave de Grenoble montrent que le traitement à l’oxyde d’éthylène en conserve les performances (…) Enfin, Olivier Terrier et nos collègues tourangeaux, vient de réussir à démontrer que la chaleur sèche à 70 degrés détruit très efficacement une charge virale calibrée déposée sur des masques chirurgicaux et FFP2″, détaille-t-il.

La solution ne se trouve pas forcément dans les masques en tissus -dont la confection comme le recyclage engendre également un certain coût pour l’environnement, rappelle Etienne Grau- mais peut-être dans de nouveaux matériaux. Plusieurs initiatives ont déjà été lancées en ce sens. Au Canada, des chercheurs de l’Université de la Colombie-Britannique (UBC) ont notamment conçu un masque en fibre de bois biodégradables.

ML avec Huffpost

 

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