Environnement

Tétouan : Visioconférence sur les insectes au Maroc : Etat des lieux et services écologiques  

Dans le cadre de ses activités environnementales et écologiques, l’Association Nature Solutions a organisé vendredi 12 juin dernier un  Webinaire sur les insectes au Maroc et ce ; en partenariat avec le département des eaux et forêts, le Département de l’Environnement, la Faculté des Sciences de Tétouan, l’Institut Scientifique de Rabat, l’EST de Khénifra et la tribu des écolos « ecologie.ma ».

Les objectifs de ce Webinaire bien réussi par les organisateurs visent à déclencher un débat sur l’importance des insectes dans les composantes de la biodiversité marocaine, l’évaluation de l’état écologique de la biodiversité des insectes, la sensibilisation des différentes parties prenantes pour intégrer les insectes dans les plan d’actions spécifiques, l’identification des habitats ayant un intérêt particulier pour la conservation des insectes et enfin, la proposition des solutions naturelles et des pistes de réflexion pour améliorer l’état de conservation des insectes dans notre pays.

D’éminentes personnalités du monde de la recherche scientifique ont pris part aux travaux de cette visioconférence pour débattre de différents sujets relatifs aux insectes au Maroc dont notamment les sujets de la conservation des insectes dans la Stratégie et le plan d’Action National de Protection de la Biodiversité –  SPANB – présentée par Mr Mostafa Madbouhi Chef de Division Biodiversité. Département de l’environnement, la pollinisation comme service écologique gratuit traitée par Pr Kawtar Kettani-FST, les insectes et la santé humaine : insectes transmetteurs de maladies exposé par Pr Oumnia Himmi- ISR, l’efficacité des aires protégées du Maroc pour la conservation des insectes aquatiques : Cas des coléoptères aquatiques du Rif objet d’une communication de Pr Nard Bennas- FST, l’État des lieux de la Biodiversité des macro invertébrés aquatiques-Rif Occidental présenté par Pr Alami Majida – FST, Une plante égale Un papillon : les papillons bio patrimoniaux du Maroc exposé par notre confrère Mr Oussama Abaouss et enfin, la thématique des insectes dans les stratégies de conservation présenté par Mr Zouhair Amhaouch, Chef de Division des Aires Protégées au  Département des Eaux et Forêts.

Lors de cette visioconférence ; tous les intervenants se sont accordé pour dire que les insectes méritent une attention particulière parce qu’ils sont des régulateurs largement méconnus des processus écosystémiques qui soutiennent la fourniture de services. Si le rôle essentiel des pollinisateurs dans le soutien de l’approvisionnement alimentaire mondial est largement reconnu, les insectes sont également essentiels à pratiquement tous les autres services écosystémiques. Cependant, les insectes sont également la cible d’efforts de lutte contre les parasites qui peuvent avoir des conséquences imprévues sur les services écosystémiques.

Pour notre confrère Oussama Abaouss, Journaliste écolo qui intervenait dans ce panel ; les papillons et zygènes du Maroc sont à l’image de la biodiversité du Royaume : les diverses espèces qui s’y côtoient illustrent la rencontre entre des espèces européennes, méditerranéennes et africaines.

Une centaine d’espèces de Papillons diurnes volent presque toute l’année au Maroc. Elles sont fortement tributaires des années pluvieuses, et se font très rares les années sèches avait-il précisé.

Et d’ajouter ; les papillons du Maroc sont d’excellents bio-indicateurs de la santé des sites. Ils nous viennent de la nuit des temps, avec quelques millions d’années d’âge, et nous racontent ainsi la grande genèse des peuplements, nous aidant alors à décrypter l’histoire de la Terre.

Les Papillons du Royaume appartiennent pour la plupart à la sphère faunistique atlanto-méditerranéenne. Ils ont donc une origine commune avec ceux qui volent en Europe, notamment méditerranéenne. S’y mêlent aussi quelques eurosibériens, témoins des climats plus froids et transfuges des dernières glaciations, présentement « coincés » dans les ultimes refuges orophiles des Atlas. D’autres encore sont des éléments afroérémiens et tropicaux.

Pour Oussama Abaouss ; la diversité des papillons et zygènes du Maroc a malheureusement fortement décliné depuis quelques décennies. Plusieurs espèces disparaissent chaque année. Certaines nous font la belle surprise de resurgir. D’autres s’en vont à jamais.

Aussi conclura-t-il ; les papillons font pourtant partie des espèces d’insectes les plus appréciées par les humains en général et par les Marocains en particulier. Les spécialistes s’accordent pourtant à affirmer qu’une grande partie des papillons du Maroc sont des espèces quasiment délictuelle. Des taxons qui se sont maintenus et qui par leurs survie nous incitent plus que jamais à en faire des emblèmes. A les chérir et à les sauvegarder tant que possible.

C’est le cas de l’entomologiste Michel Tarrier par exemple que nous avons contacté alors qu’il est de nos jours sur le terrain dans l’écotone entre Moyen Atlas et le Haut Atlas nord-oriental (région de Midelt) qui nous a déclaré : « les papillons dont je veux vous parler sont beaucoup plus que de  simples papillons ; je ne parle pas vraiment des papillons que nous avons communément l’occasion de voir n’importe où et qui d’ailleurs disparaissent à la vitesse grand « V » mais de ceux plus intimes aux écosystèmes et qui en sont une composante majeur ; ils sont souvent petits mais d’une grande beauté et il convient bien de les considérer comme de vrais faucilles vivants car ils nous viennent de la nuit des temps.

Ils sont solidaires dans la plante nourricière de leurs chenilles lesquelles plantes sont aussi très rares et d’une présence discrète. Ce binôme : Une plante égale(=) un papillon représente la mémoire vive du bio-patrimoine Marocain car le Maroc était et est encore ; le paradis des lépidoptères en raison de la richesse et de la variété de ses paysages naturels. Ces papillons et ces plantes méritent un politique volontaire de protection au même titre que la grande faune. Un papillon c’est le reflet de  ce qu’il y’a dessus et dessous hélas ; il n’y’a plus grands choses à cause du surpâturage destructeur du substrat végétal et des sols. Cent millions d’herbivores domestiques en extensif est un effectif en grave inéquation avec les ressources fourragères et à cause aussi des intrants chimiques bien entendu et de certains aménagements souvent futiles.

De ce fait ; la formule conservatoire est la suivante : Une clôture = une plante= un papillon et quand ils sont respectés ; tous les périmètres forestiers mis en défend jouent déjà le rôle de réserve de flore et de petite faune. En ces temps de 6ème extinction massive des espèces ; n’oublions pas l’importance des plus petits. Le Maroc peut s’enorgueillir de très nombreuses espèces endémiques et il est de notre devoir de les pérenniser ».

                                                                          Mohammed Drihem

 

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