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Fès : Les anciens convois de pèlerins fassis pour la Mecque, thème de la 14ème Causerie du Patrimoine

 « Les anciens convois des pèlerins Fassis vers le pays du Hijaz »  est le thème de la 14ème  Causerie du Patrimoine en ligne organisée récemment par la Fondation Maroc du Patrimoine pour la Recherche, l’Etude et la Sauvegarde  du Patrimoine Matériel et Immatériel Marocain.
Le chercheur spécialiste en histoire, patrimoine et mémoires de Fès, le Pr Abdelfettah Dobli Bennani a animé cette causerie virtuelle, mettant l’accent sur les convois  de Fès, en partance de  deux mosquées  et de Bab Ftouh vers la terre du Hijaz, pour l’accomplissement du cinquième fondement de l’Islam.
Le conférencier considère les  anciens convois de pèlerins fassis comme un important événement historique et une mémoire patrimoniale  avec d’autres caravanes de pèlerins  en partance de Marrakech ou de Sijilmassa vers les Lieux Saints de l’Islam.
Les différentes sources s’accordent sur le fait que le début véridique des convois des pèlerins Fassis remonte à l’époque des Mérinides, rappelle le conférencier, soulignant que  chaque caravane de pèlerins s’organise aux  niveaux officiel, individuel et au plan d’organisation du convoi. Il a précisé qu’au niveau officiel, le sultan désignait la délégation et son représentant chargés de  cadeaux et messages à remettre aux rois et dirigeants de pays traversés .A L’organisation au niveau individuel qui concerne les  préparatifs  matériel,  moral et spirituel du pèlerin s’ajoute une organisation minutieuse des convois avec  l’enregistrement et la préparation des papiers des pèlerins, ajoute l’intervenant.
Président de l’association des professeurs d’histoire  et de géographie de Fes , encadreur des visites guidées  des monuments historiques de la cité Idrisside, le Pr Dobli Bennani  a indiqué, qu’avec les temps modernes,  le voyage vers la Djeddah par avion dure seulement 5 heures , alors qu’au temps des caravanes , il fallait 5 mois  pour parcourir  les 6.000 Km qui séparaient Fès de la Mecque avec ses lots  d’atouts et d’inconvénients du long et dur périple.
En effet, ce long voyage à pieds et à dos de bêtes (dromadaires, chevaux, mulets.., )  permettait, souligne-t-il ,  la découverte de nouvelles contrées et populations , d’éminentes personnalités et de nouveaux modes de vie ,  mais exposait aussi les pèlerins aux  malheurs , déboires   et  horreurs  avec la fatigue, la faim, la soif, les épidémies et les attaques des  voleurs, brigands et  bandits.
Au départ des caravanes, la joie des familles des pèlerins  se mêlait de craintes et de peines, signale-t-il, mais un  retour sain et sauf à Fès a été perçu par les pèlerins et leurs familles comme « une nouvelle naissance » emplie de bonheur, de piété et de fierté.
Actuellement, indique-t-il, les  caravanes du pèlerinage qui avaient transporté tant de Hajjs depuis les origines de l’islam, n’ont pas résisté à partir du 19ème  siècle à la concurrence des nouveaux moyens de transport, le navire à vapeur d’abord, le train et l’automobile ensuite et enfin l’avion .Il a fait état  de la volonté  encore vive de bon nombre de musulmans et de  pèlerins d’atteindre les Lieux Saints de l’Islam  et  d’y mourir , car la mort  à La Mecque étant  encore considérée par les fidèles  comme une bénédiction divine.
Kaddour Fattoumi

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