Environnement

Première étude sur l’état de conservation des oiseaux de proie au Maroc révèle des points noirs de mortalité

Les résultats de la première campagne de dénombrement national des rapaces rupicoles diurnes du Maroc, menée en 2019, lesquels constituent une première image nette de la répartition géographique et de l’état des populations d’oiseaux de proie au Maroc ont objet  d’un rapport publié le 30 septembre écoulé par l’Union Internationale de conservation de la nature (UICN).

Selon l’UICN ; cette initiative qui contribue au renforcement de la connaissance des populations de ces espèces et de ses menaces a été élaboré par le Département des Eaux et Forêts du Maroc et le Centre de Coopération pour la Méditerranée de l’UICN, avec le soutien technique du gouvernement régional de l’Andalousie et la collaboration d’experts et d’institutions des deux rives de la Méditerranée, dans un exemple de coopération transfrontalière et de travail collaboratif entre le Secrétariat de l’UICN, ses organisations membres et les Commissions.

Tout au long de l’année 2019, douze missions de terrain et plusieurs sorties ont eu lieu, avec la participation de plusieurs organisations et experts marocains et étrangers. Dans cette première campagne, les dénombrements ont été axés sur les grands rapaces rupicoles diurnes au Maroc et les menaces qui pèsent sur eux, plus spécifiquement les espèces cibles ont été: l’Aigle royal, l’Aigle de Bonelli, la Buse féroce, le Faucon lanier, le Faucon pèlerin/F. de Barbarie, le Faucon crécerellette, le Gypaète barbu, le Vautour fauve, le Vautour de Rüppell, le Vautour percnoptère et le Balbuzard pêcheur.

D’après Catherine Numa, coordinatrice du programme méditerranéen des espèces de l’UICN « ce groupe d’oiseaux subit les effets néfastes de divers types de menaces telles que la fragmentation et la destruction de leurs habitats, la persécution directe, l’impact des infrastructures électriques et l’utilisation incontrôlée de poisons, pesticides ou d’autres polluants ».

Pour a souligné, Zouhair Amhaouch, Chef de la Division des Parcs et Réserves Naturelles au département marocain des Eaux et Forêts. « Les résultats de cette expérience sont considérés très satisfaisants, tant au niveau technique et scientifique que sur le plan humain et institutionnel, avec la participation d’organisations diverses y compris les administrations marocaine et andalouse et des ONG de conservation du Maroc et internationales » et d’ajouter : « L’initiative a également permis de renforcer le réseau de travail sur la conservation des rapaces au Maroc et les capacités des principaux acteurs concernés »

Au Maroc précise-t-on, des travaux préliminaires sur l’incidence des facteurs de menace pour les oiseaux de proie au niveau régional ont révélé l’existence d’importantes sources de mortalité dues aux électrocutions dans les lignes électriques dangereuses.

Cette étude de terrain au niveau national a permis l’identification de 766 territoires de reproduction de rapaces rupicoles, 712 correspondants avec certitude aux espèces cibles et plus de 620 confirmés en tant que territoires occupés en 2019. Au cours des différentes missions, des facteurs de mortalité non naturelle ont aussi été étudiés. Ainsi, environ 400 km de lignes électriques ont été parcourus. Lors de ces inspections, les restes d’au moins 211 oiseaux ont été repérés sous les lignes électriques, révélant des nouveaux points de mortalité.

Selon l’UICN ; Le Maroc est un territoire clé pour les oiseaux de proie car, non seulement il héberge un nombre important de ces espèces, mais il fait également partie de la voie migratoire et du domaine vital de nombreux rapaces. Ce territoire est aussi un lieu d’interaction entre les populations du nord de l’Afrique et du sud de l’Europe. Plus de 40 espèces de rapaces, nicheuses ou migratrices, ont été observées sur le territoire marocain, dont plusieurs mériteraient que des mesures de conservation soient mises en œuvre de façon planifiée, comme c’est le cas pour le Gypaète barbu (Gypaetus barbatus) ou le percnoptère d’Égypte (Neophron percnopterus).

Mohammed Drihem

photo: UICN

 

 

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