Maroc

LE STRESS HYDRIQUE ET LES CULTURES CONSONNATRICES D’EAU MENACENT LE CHATEAU D’EAU DU MOYEN ATLAS AU MEROC

Suite aux aléas du changement climatique et aux effets de la sécheresse que connait notre pays le Maroc ; plusieurs zones humides sont mises à secs et bien d’autre ont vu leurs niveaux de remplissage s’abaisser de façon alarmante et drastique. A ces conditions climatiques défavorables, s’ajoutent les activités anthropiques et l’utilisation irrationnelle de la ressource en eau de ces écosystèmes encouragées par ce fameux « Plan Maroc Vert » qui ne tient pas compte de la donne environnementale en montagne et qui ne fait qu’accentuer ce phénomène de sècheresse et d’assèchement des zones humides notamment et surtout dans la région du Moyen Atlas .

En effet, la région du Moyen Atlas est caractérisée par sa  richesse en lacs et Dayats de montagne et ses sept sites classés Ramsar à connaitre : Lac d’Afennourir, Dayat Ifrah, Dayat Hachlaf, Dayat Aoua, Aguelman N’Sidi Ali et Aguelmam N’Tiffounasine et Oued Tizguite. Ceci étant dit ;  et comme signalé par Pr Rhimou El Hamoumi ; Enseignante-chercheur à l’Université Hassan II de Casablanca (Fac. Sc. Ben M’sik) et Présidente du GREPOM/ Birdlife que : «  L’inscription d’une zone sur la liste des zones d’importance internationale est l’un des divers éléments d’un engagement envers sa conservation et son utilisation rationnelle afin de maintenir ces caractéristiques écologiques ainsi que les services écosystémiques qu’elle procure pour le maintien de la survie humaine » choses qui n’est pas prise en ligne de compte hélas ; par nos gestionnaires notamment du secteur agricole et des projets du Plan Maroc Vert encourageant encore de nos jours la plantation des rosacés notamment les pommiers entre autres grands consommateurs d’eau aux cotés de la pomme de terre et des oignons en montagne qui ne cessent de pomper l’eau dans les nappes à une vitesse qui dépasse la vitesse de recharge réduite à zéro cette année par manque d’enneigement et de pluies ; ce qui entraîne un rabattement exponentiel des dites nappes du soit disant Château d’eau du Maroc mis presque à sec.

Selon Pr Rhimou El Hamoumi ; « ces zones humides représentent aussi un réservoir de biodiversité qui joue un rôle primordiale dans leur bon fonctionnement. La composante aviaire est utilisée comme un indicateur de leur intégrité et de leur bonne santé. Malheureusement ces lacs sont sévèrement menacés ; c’est le cas de Dayet Aoua qui connait de longues périodes d’assèchement avec quelques rares épisodes de mise en eau ; c’est le cas aussi d’Aguelmans Sidi Ali et Aguelmam N’Tiffounassine qui ont vu leurs niveau d’eau réduit et le lac d’Afennourir qui n’est plus représenté que par une petite flaque d’eau dans sa partie la plus profonde ». Cet assèchement selon notre éminente professeur ; impacte beaucoup les oiseaux sédentaires et migrateurs. Et d’ajouter que « le mois de septembre représente une période où plusieurs migrateurs traversent le Maroc et ces oiseaux utilisent ces zones comme escale migratoire pour se reposer et reconstituer leurs réserves énergétiques pour continuer leur voyage vers l’Afrique subsaharienne. La disparition de ces haltes migratoires augmente inéluctablement le risque de mortalité ».

Nous appelons à la nécessite de la préservation des zones humides marocaines et des lacs de Moyen Atlas comme levier de développement local et comme réservoir de biodiversité. Une gouvernance efficiente en faveur des ces écosystèmes en fédérant les efforts de toutes les parties prenantes et le gage de leur protection avait-elle conclu.

Pour sa part ; Mr Abdellah Bouzid ingénieur agronome retraité et connaisseur de la région du Moyen Atlas en Général et de la province d’Ifrane en particulier ; ces dernières années nous assistons malheureusement à un asséchement considérable de nos ressources en eau (Dayat et cours d’eau). Une situation qui est devenue insupportable et qui conduira inéluctablement à une perte irréversible et définitive de notre écosystème forestier du Moyen Atlas avait-il assuré.

Pour lui, on ne peut incriminer cette situation désastreuse aux seuls effets du changement climatique mais plutôt et aussi à une action de l’homme ; son exploitation irrationnelle de l’eau dans cette région du Moyen Atlas où les terrains jadis destinées aux cultures étaient dans la région de l’azaghar que sont les plaines tandis que les terrains de parcours étaient en montagne dans l’agdal avec ses prairies d’altitude et ses alpages qui recueillent l’eau de la fonte des neiges constituant ainsi les meilleurs pâturages d’été quand la sécheresse a brulé les parcours de la plaine.

Selon notre interlocuteur ; de nos jours on assiste à une invasion colossale par une surexploitation agricole abusive qui a conduit d’une façon inéluctable à l‘asséchement des Dayats tel que Dayat Aoua, Tifounassine et N’Douite dans la Région de Timahdite entre autres et la diminution des niveaux des eaux dans d’autres dont notamment Aguelmam Sidi Ali et Afenourir et la diminution des débits des Oueds dont quelques-uns sont à sec tel le cas d’Oued Tizguite à Ifrane et Oueds Senoual et Fellat.

Pour conclure ; l’ingénieur agronome Mr Abdellah Bouzid appelle à un Pacte écologique dans la région du Moyen Atlas  jugé très nécessaire et vital pour sur l’utilisation des ressources en eau pour la région et pour le Pays tout entier.

Pour le Guide des espaces naturels et propriétaire d’une ferme d’hôte dans la Province d’Ifrane, Mr Abdellah Lahrizi, il n’y a pas  seulement le coronavirus qui a eu des répercussions négatives sur le secteur du tourisme mais cette année 2020 est une année vraiment exceptionnelle sur tous les plans surtout quand on sait que la province d’Ifrane connait il y’a quelques mois une sécheresse qui a eu aussi des répercussions sur l’agriculture et aussi sur le tourisme. En tant que Gîteur et Guide avait-il ajouté, cette année il y’a un très grand impact négatif sur les secteurs respectifs du tourisme et de l’agriculture qui ont vu des plans d’eau, des lacs et des sources asséchés cette année marquée à titre d’exemple par des querelles entre les tributs sur l’eau d’irrigation, des tours de l’eau qui passent de 15 jours des années passées à plus d’un mois aujourd’hui pour pouvoir irriguer nos cultures, des annulations de réservation d’hébergement et d’accompagnement touristiques en cascade surtout quand on sait que le touriste national cherche l’eau et la fraicheur autour des lacs, des plans d’eau et le long des cours d’eau qui font grand défaut cette année.

Cette réalité alarmante concernant l’asséchement des zones humides dans la région d’Ifrane et du Moyen Atlas ; nous a été confirmé par le Touriste Hicham Kharrou, cadre à la métropole Casablanca, qui s’est déclaré surpris de la disparition de lacs tel que celui de Dayat Aoua et de l’asséchement d’une grande partie de plusieurs autres lacs et cours d’eau qu’il a visité cet été dans la région d’Ifrane et du Parc National d’Ifrane.

Ce jeune cadre de Casablanca s’est dit écœuré aussi par le comportement irresponsable de quelques visiteurs des rares plan d’eau encore en vie dans la région tel que le plan d’eau de Sidi Mimoun appelé aussi : Lac Al Amira transformés en de vrais dépotoirs publiques à cause des déchets et détritus laissés sur place et à meme l’eau dans le lac par ces visiteurs inconscients et irresponsables qui n’ont aucun respect pour la belle nature.

                                                                    Reportage réalisé par

                                                                     Mohammed Drihem

 

Intervenant dans le Reportage vidéo par ordre chronologique:

  1. Hicham Kharrou ; jeune Cadre à Casablanca
  2. Abdellah Bouzid ; Ingénieur agronome retraité
  3. Abdellah Lahrizi : Guide des espaces naturels et hébergeur touristique.
  4. Pr Rhimou El Hamoumi; Enseignante-chercheur à l’Université Hassan II de Casablanca (Fac. Sc. Ben M’sik) et Présidente du GREPOM/ Birdlifeque.

 

 

 

 

 

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