Culture

Fès : Les arts patrimoniaux dont le Malhoun doivent être revitalisés  pour assurer leur sauvegarde,selon le chercheur Abdelmagid Fennich

Les arts patrimoniaux dont le Malhoun et  la musique Al Ala doivent  être vivants et non figés pour assurer leur revitalisation, valorisation et préservation  , a assuré  M.Abdelmagid Fennich , artiste et chercheur pluridisciplinaire .
Ces arts qui se sont recréés  à travers les âges, doivent être enrichis en permanence et transmis d’une génération à l’autre, au risque d’être figés et de dépérir, a-t-il indiqué en animant une  causerie du patrimoine sur le thème : « Les arts patrimoniaux : du pari de l’authentification et de la normalisation aux défis de la revitalisation et de la valorisation » organisée récemment par la Fondation Maroc du Patrimoine.
Le conférencier rappelé qu’un grand intérêt a été porté à l’authentification et à la normalisation (archivage, prospection et critique) en matière d’arts patrimoniaux en privilégiant d’abord l’archivage,  en tant que prélude fondamental à la sauvegarde  et à la préservation, soulignant que le travail des  précurseurs en ce domaine et notamment de l’académie du royaume du Maroc a été jugé fort utile et fructueux.
Actuellement , note-t-il ,  avec les nouveautés, les créations et inventions dans un monde sans bornes ni frontières et dans un espace  de  concurrence  déloyale  entre divers modes d’expressions artistiques et autres, un nouveau et grand défi s’est imposé comme impérieuse nécessité  dans ce domaine , à savoir celui  de la revitalisation et de la valorisation des arts patrimoniaux .
M. Fennich a estimé  que ce défi de la qualification et de la valorisation doit être  relevé  aussi bien au niveau des arts patrimoniaux matériels qu’immatériels, et particulièrement dans les domaines des lettres et des arts. L’intervenant a souligné les efforts de régénération et de rénovation des  arts du Malhoun, Musique Al Ala , Sama’a et Madih, malgré les réticences  des rigoristes  et formalistes . Il a rappelé , a ce propos, l’apport des vagues de groupes de jeunes musiciens dans les années 70 , tels « Jil Jilala » , et « Nass Al Ghiwane » qui ont interprété en rénovant  des chants du Malhoun , accompagnés de nouveaux instruments , contribuant ainsi  au renouveau et à la vulgarisation de cet art ancestral au grand bonheur de la jeunesse marocaine et des mélomanes . Il a évoqué aussi  l’art traditionnel des Gnawas , d’origine africaine , qui  a connu des  fusions avec des groupes de jazz américains et européens, et acquis ainsi une célébrité à l’échelle internationale.
M. Abdelmagid Fennich a ensuite mis en garde contre le  risque qui menace certains arts patrimoniaux de disparition, faute de régénération et de revitalisation,  en lançant  un appel aux institutions publiques  concernées et aux chercheurs dans le domaine du patrimoine de conjuguer leurs efforts et s’entraider pour la qualification et la valorisation des arts patrimoniaux marocains.
M. Abdessalam Zerouali, modérateur de cette intéressante conférence en ligne, a présenté M.  Abdelamgid Fennich, natif en 1956  à Salé, un érudit , fin connaisseur et spécialiste dans divers domaines des arts et de la culture, dont la musique, la poésie marocaine et arabe, le théâtre, les chants Soufis et du Malhoun.M. Fennich est un acteur associatif et membre de plusieurs commissions relatives aux arts.
En 1999, il effectue plusieurs représentations au Portugal, au festival de Lyon,  au festival de Namur en Belgique  et en  Alabama aux États-Unis. De nombreuses pièces de théâtre que Fennich a  réalisées  sont inspirées des œuvres d’Abdelkrim Berchid.
M.Abdelmagid Fennich , auquel de nombreux hommages ont été rendus aux niveaux national , arabe et international,  a écrit ou  mis en scène plus de  vingt-six  pièces théâtrales entre 1976 et 2004 dont  , entre autres, Fen  Al Halka , Oursse Al Koufa , Haddouta Maghribiya , Khmsse Layali fi hadrat Al Jilali, Firihabe Al melhoune , Khssame albahiate (Le conflit entre les belles) , Dari ya dari (Ô ma maison ; retraçant la vie du grand poète populaire Sidi Kaddour El Alami et cocktail Shéhérazade.
Kaddour Fattoumi

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